INCa 2017 – PRIORITE TABAC

L’appel à projet est clos. Les résultats seront publiés après évaluation des dossiers par un comité d’experts.


L’INCa lance pour 2017 un appel à projet en santé publique ” Priorité Tabac Programme de recherche et d’interventions pour réduire le tabagisme et infléchir la prévalence des cancers liés au tabac ” 

Date limite de réponse : 7 octobre 2016.

Pour les projets dont le coordonnateur est francilien, le Cancéropôle ÎdF est l’organisme bénéficiaire de la subvention de l’Inca. Il conventionne avec l’ensemble des équipes bénéficiaires.

Chaque virement de fonds au bénéfice des équipes fait l’objet d’un mail d’information au responsable scientifique et au gestionnaire qu’il a identifié.

Le Cancéropôle ÎdF invite les responsables scientifiques à prendre l’attache de leurs gestionnaires pour la réponse à l’appel à projet.

Objectifs

L’appel à projets concerne l’ensemble des cancers liés au tabac et aux constituants de la fumée provenant de sa combustion et couvre toutes les dimensions de la recherche (fondamentale, clinique ou populationnelle) ainsi qu’un large éventail de disciplines, allant de la recherche clinique à la santé publique, en passant par les technologies de l’information et de la communication, les sciences économiques et politiques, la sociologie, le droit, le biologie et l’épidémiologie etc.

Cet appel à projets souhaite promouvoir des projets de recherche interventionnelle.

Sont attendues des études sur les populations suivantes : les femmes, les adolescents et jeunes adultes et les populations précaires.

La question des inégalités, qu’elles soient sociales, culturelles, économiques et territoriales, est une thématique transversale de cet appel à projets.

Les projets pluridisciplinaires attendus devront s’inscrire dans l’un des 6 axes suivants

Axe 1 : Déterminants, trajectoires du tabagisme et interventions d’aide à l’arrêt du tabac

L’étude des enchaînements de causes et des trajectoires du tabagisme selon une perspective « vie entière », pourrait permettre de définir des actions de prévention plus efficace, notamment chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

Les projets attendus dans cet axe pourront :

– Développer dans les enquêtes transversales répétées et les cohortes déjà constituées, des travaux portant sur l’intégration des dosages des marqueurs biologiques liés au tabagisme actif et/ou au tabagisme passif , l’identification des facteurs liés à l’initiation et/ou à l’arrêt du tabagisme et le rôle des inégalités, notamment des inégalités sociales et des déterminants sociaux tout au long de la vie  ;

– Mettre en place des interventions visant à modifier effectivement les comportements en matière d’aide à l’arrêt du tabac (ex : recours au sevrage tabagique) ;

– Tester des interventions ayant eu un impact avéré dans d’autres pays

Les déterminants du tabagisme pourront être approchés par des travaux de recherche sur les normes sociales et le groupe d’entraide.

Axe 2 : Comportements du consommateur et des parties prenantes

Compte-tenu de la forte prévalence tabagique en France, par rapport aux autres pays qui appliquent au même niveau les mesures de la Convention Cadre pour la Lutte Antitabac (CCLAT), il est important d’améliorer les connaissances sur les représentations associées à l’usage du tabagisme en France.

Il existe plusieurs stratégies d’interventions dans la lutte contre le tabagisme et certaines comme la taxation du tabac ont démontré leur efficacité au niveau international. Cependant, en France, peu de travaux de recherche portent sur la construction, la mise en oeuvre et les effets des politiques publiques mises en place pour lutter contre le tabagisme.

Les projets attendus dans cet axe pourront s’intéresser à :

-  l’évaluation de la mise en oeuvre des politiques publiques de lutte contre le tabac en France. Cette évaluation devra prendre en compte le lobbying des buralistes et de l’industrie du tabac ; le rôle des leaders d’opinion et des acteurs politiques ainsi que le rôle des différentes agences sanitaires impliquées dans la lutte contre le tabagisme  ;

- la propension des individus à résister aux messages préventifs (INCa, 20129) ; au profil et niveau de prise de risque des fumeurs – comparativement à d’autres groupes confrontés à la prise de risque; à l’analyse des besoins satisfaits par la consommation de tabac ou les coûts associés par les individus aux changements de comportements  ;

- l’utilisation de leviers positifs (ex : « nudging », « empowerment », « neuromarketing ») afin d’obtenir une meilleure efficacité des campagnes de prévention ;

- à l’impact de la taxation du tabac. Ces projets devront décrire l’accroissement (ou non) des inégalités sociales de santé liées aux politiques publiques de lutte contre le tabac mises en œuvre

Après l’Australie en 2012, la France a instauré à partir du 20 Mai 2016 des paquets de tabac neutres, ayant tous la même forme, la même taille, la même couleur et la même typographie, sans aucun logo. De plus, la taille des avertissements sanitaires est augmentée (65% de la surface du paquet) L’Institut s’est d’ores et déjà engagé dans le cadre du PNRT à financer une étude quantitative pour évaluer l’impact de la mise en oeuvre du paquet neutre sur la perception du tabagisme ainsi que secondairement l’initiation du tabagisme (chez les jeunes) et de la motivation à arrêter de fumer (chez les fumeurs). En complément de cette étude quantitative, des travaux qualitatifs doivent être menés.

Sont également attendus des études sociologiques concernant le sous-investissement scientifique dans ce champ de recherche en France.

Axe 3 : Systèmes électroniques de délivrance de nicotine (cigarettes électroniques)

La recherche sur les systèmes électroniques de délivrance de nicotine, ou cigarette électronique, est une thématique prioritaire au niveau international (McRobbie, 201414). En effet, la réduction de la consommation de fumée de combustion liée à ce dispositif revêt une importance capitale compte tenu du niveau élevé de morbi-mortalité associé au tabac. Le Haut Comité de la Santé Publique a publié en début d’année une actualisation de l’avis rendu le 25 avril 201415. Le HCSP recommande « d’informer, sans en faire la publicité, les professionnels de santé et les fumeurs que la cigarette électronique est un outil d’aide à l’arrêt du tabac chez les populations désireuses de sortir du tabagisme ; et qu’elle apparaît être un mode de réduction des risques du tabac en usage exclusif ». Le HCSP invite également dans cet avis à la réalisation d’études épidémiologiques et cliniques robustes ainsi qu’au lancement de recherches en SHS sur cette question.

Sont attendues dans le cadre de cet appel à projets :

- des essais randomisés contrôlés (contre placebo et vs traitements nicotiniques de substitution) permettant d’évaluer l’effet des cigarettes électroniques sur la réduction de la quantité de tabac fumé d’une part, et l’arrêt du tabagisme d’autre part (un seul objectif par étude) y compris pour les patients atteints de cancer ;

- des études clinico-biologiques permettant d’une part d’apporter une meilleure connaissance de l’exposition active et passive (cinétique de la nicotine ; pharmaco-alvéolaire et sanguine);

- des études de toxicité à court, moyen et long terme  ;

- des études décrivant les effets sur la santé notamment à long terme des composants physiques ou chimiques contenus dans les cigarettes électroniques ;

- des études permettant de décrire les trajectoires des consommateurs de cigarette électronique et/ou de tabac en décrivant le rôle des inégalités sociales ; les facteurs liés au processus d’adoption de l’innovation (ex. early versus late adopters), l’éventuelle entrée dans la dépendance nicotinique etc.  ;

- des études sociologiques permettant de questionner notamment :

-la place de la nicotine dans la société au regard de cette innovation technologique (diffusion de l’innovation) (Bell, 201420),

– l’impact de la cigarette électronique sur la représentation du tabagisme.

Comme dans l’axe précèdent, cet appel à projets souhaite soutenir des travaux s’intéressant à la construction, la mise en oeuvre et les effets des politiques publiques sur la cigarette électronique.

Axe 4 : Sevrage tabagique des patients atteints de cancer

L’arrêt du tabac représente un enjeu particulièrement important dans l’accompagnement au long cours des patients atteints de maladies chroniques et, en particulier, des patients atteints de cancer.

Le rapport du Surgeon General publié en 2014 conclue à un lien de causalité entre le tabagisme des patients atteints de cancer et l’augmentation de la mortalité (globale et spécifique), le risque de survenue de seconds cancers primitifs ; l’arrêt du tabac améliorant le pronostic des patients21. La consommation de tabac est corrélée à une dégradation de la qualité de vie des patients et des risques péri- et post-opératoires. En effet, les résultats de plusieurs études montrent que l’arrêt du tabagisme après un cancer améliore le pronostic, et diminue le risque de récidive D’autres études ont également mis en évidence que la poursuite du tabagisme après le diagnostic du cancer, peut avoir un impact péjoratif sur les réponses thérapeutiques . Il est impératif d’amplifier l’effort en faveur de la recherche clinique et de travailler à son application dans le cadre de recherche translationnelle.

Sont attendues des études s’intéressant :

- au sevrage tabagique en situation palliative ou curative (influence sur la survie, la réponse, la tolérance des traitements, la qualité de vie, etc.) ;-

- à la biologie de l’addiction et son rôle dans la transformation et la progression tumorale ;

- aux interactions des traitements anticancéreux avec le tabac (ou ses composants)/substituts nicotiniques/cigarette électronique et cancer ;

 aux effets du tabac/substituts nicotiniques/cigarette électronique sur l’évolution du cancer ;

- aux voies de signalisation activées par les systèmes de délivrance nicotinique (e-cigarette et autres substituts) afin de déterminer si ces produits ont un effet transformant, etc.

Cet appel à projets souhaitent soutenir des études s’intéressant à l’efficacité des modalités de sevrage (pour qui ?; par qui ?; moments clés ?; comment ?)

Axe 5 : Dépistage des cancers attribuables au tabac et recherche innovante concernant de nouvelles modalités de dépistage

Le cancer broncho pulmonaire (CBP) se situe au 4ème rang des cancers incidents en France et représente la 1ère cause de décès par cancer. Les dernières estimations (projection 201528) indiquent 45 222 nouveaux cas de cancer du poumon en France métropolitaine (30 401 hommes et 14 821 femmes), soit près de 12 % de l’incidence des cancers (14,4 % de l’incidence chez l’homme et 8,5 % de l’incidence chez la femme).

Sur la même période, on estime 11 610 nouveaux cas de cancers lèvre bouche-pharynx (8 010 hommes et 3 600 femmes), soit 3 % de l’incidence des cancers (3,1 % de l’incidence des cancers chez l’homme et 2,1 % de l’incidence des cancers chez la femme).

Les cancers VADS sont souvent dus au tabagisme ou aux expositions à des produits cancérogènes dans le cadre d’une activité professionnelle. Avec près de 12 305 cas (majoritairement des hommes), le principal facteur de risque des cancers VADS est le tabac, dont plus de 60% lui sont imputables.

Des recommandations sur le dépistage du CBP par scanner thoracique à faible dose auprès des gros fumeurs, ont été formulées par certains organismes professionnels. Cependant, la HAS29 conclut que les conditions ne sont actuellement pas réunies pour que ce dépistage soit possible et utile, et insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche sur ce cancer et d’intensifier la lutte contre le tabagisme.

Ainsi, dans le cadre de cet appel à projet, les projets pourront s’intéresser aux :

- protocoles de dépistage (modalités de réalisation ; fréquence de répétition des examens et schéma d’aide à la décision) et de prise en charge en cas de découverte de lésions,

- critères d’éligibilité et d’inéligibilité (ou inclusion/non inclusion),

L’impact budgétaire des différentes options, leur efficience ainsi que l’équité d’accès et de recours devront être décrits.

Des travaux sur l’opportunité de mettre en place des dépistages conjoints concernant les cancers liés au tabac pour des populations à haut risque peuvent également être proposés.

Axe 6 : Biologie des cancers liés au tabac

La combustion du tabac génère plus de 5000 composés chimiques dont plus de 70 ont été classés comme cancérigènes par le CIRC. De plus, certaines études suggèrent que la nicotine est impliquée dans l’activation de voies de signalisation régulant la prolifération cellulaire et a un effet immunosuppresseur des réponses innées et adaptatives.

Par ailleurs, le mauvais pronostic des cancers liés au tabac est également dû au diagnostic à un stade avancé et à la résistance thérapeutique.

Ainsi, les projets soumis devront permettre une meilleure compréhension des mécanismes de transformation et de progression tumorale dus aux différents composants du tabac, le développement d’outils diagnostiques et pronostiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Les thématiques de recherche éligibles à cet appel à projets sont :

Les études de génétique, génomique fonctionnelle et épidémiologie moléculaire liés à l’état et l’histoire tabagique :

Sont attendus des travaux sur :

o La modification du génome et charge mutationnelle liée au tabac, y compris les mutations silencieuses et dans les régions non-codantes, implications fonctionnelles (défauts de réparation de l’ADN, drivers, comparaison de résultats de GWAS etc.) ;

o L’épigénétique d’un état tabagique ;

o La recherche de polymorphismes associés à la charge mutationnelle spécifique au tabac ;

o La prédisposition génétique et le tabagisme ;

o L’évaluation d’une histoire tabagique pour définir un « surrogate marker » de l’exposition au tabac ;

o La recherche de marqueurs sur différentes données « -omiques » ;

o Le développement et la validation d’outils de prédiction sur des cohortes prospectives existantes.

Les études portant sur l’impact du tabac sur la transformation cellulaire et le microenvironnement tumoral :

Par exemple :

o Les voies de signalisation impliquées dans l’oncogenèse liée au tabagisme ;

o La modification du stroma et remodelage tissulaire liés au tabagisme ;

o La compréhension de l’inflammation liée au tabac, l’altération et régulation du système immunitaire, notamment par la comparaison des mécanismes tabac-dépendants et des mécanismes tabac-indépendants, l’identification des populations cellulaires impliquées et des cytokines produites ;

o L’effet du tabagisme sur l’angiogenèse et rôle du système lymphatique ;

o La dissémination et pattern métastatique ;

o Le développement de modèles scientifiques : cellulaires, cultures 3D, animaux, etc. pour suivre la transformation et la progression des cancers liés au tabac.

Sont également attendus

 le développement de thérapies innovantes pour les cancers liés au tabac (thérapie ciblée et immunothérapie) et l’amélioration de la prise en charge thérapeutique par des études portant sur la sensibilité, la réponse et la résistance cellulaire aux traitements ;

 des études mécanistiques portant sur l’influence du tabagisme – sur la prise en charge thérapeutique (sensibilité aux traitements, l’altération du métabolisme, le rôle des infections à haute prévalence sur la transformation cellulaire et la réponse aux traitements, etc.) ;

Attention : Ne sont pas considérés dans le champ de cet appel à projets :

les projets dont la question de recherche ne répond pas aux questions prioritaires définies ci-dessus ;

 la constitution de cohortes, les essais cliniques ou les projets de biologie fondamentale ne portant pas prioritairement sur le tabagisme

 

Modalités

Le dossier de candidature (Cf. modèles « dossier » et «annexe financière ») doit comprendre l’ensemble des éléments requis et nécessaires à l’évaluation scientifique et technique du projet. Le dossier finalisé est soumis sous forme électronique (soumission en ligne) et sous forme papier, les deux formes sont identiques excepté les signatures et les documents complémentaires qui ne sont exigés qu’en version originale papier.

Format électronique :

Le dossier complet comprend deux fichiers : un fichier Word 97‐2003 n’excédant pas 4 MO et un fichier Excel 97‐2003, ce dernier constituant une annexe financière. Il est transmis par téléchargement en ligne en utilisant l’adresse unique pour l’appel à projets au plus tard le 7 octobre 2016 (minuit).

Format papier :

Un exemplaire original du dossier du projet complet dûment signé par les personnes responsables avec éventuellement les documents complémentaires, envoyé au plus tard le 7 octobre 2016 par :

  • courrier postal le cachet de la poste faisant foi
  • ou livraison sur place aux heures de bureau à

à l’adresse :

Institut national du cancer
AAP TABAC 2017
52 avenue André Morizet,
92513 Boulogne‐ Billancourt Cedex

Calendrier

  • Date de lancement de l’appel à projets : Juillet 2016
  • Date limite de soumission du dossier de candidature : 7 octobre 2016 (minuit)
  • Comité d’évaluation : Février 2017
  • Publication des résultats : Mars 2017

Contact

Pour toute information contacter :

tabac2017@institutcancer.fr

 

Téléchargements

 
 
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