Geocancer : utilisation des données géographiques pour la santé publique en cancérologie

Le 17 février 2022, le Cancéropôle IDF a organisé une journée de webinaire ouverte aux chercheurs, professionnels de santé, patients et représentants de patients sur la thématique des données géographiques de santé et leur utilisation pour la recherche en santé publique en cancérologie.

Cette journée a permis de discuter de l’utilisation d’informations géographiques pour des recherches ou pour guider les prises de décisions en santé publique dans le domaine du cancer, ainsi que l’utilisation de la géo-intelligence artificielle pour des recherches sur les liens entre qualité de l’air et cancer.

  • Information géographique et santé publique : après une conférence introductive de Jean-Emmanuel Bibault sur l’étude de la prédiction de la prévalence du cancer grâce à des données géographique, deux intervenants présentent des exemples concrets d’utilisation des données géographiques de patients pour l’évaluation de l’efficacité de politiques de santé : pour l’organisation des soins (ARS-IDF) et l’adhésion au dépistage. La question des données ouvertes est abordée au travers d’une présentation du challenge Epidemium 2021 organisé en collaboration avec le Cancéropôle.
  • Géo-IA et environnement : l’exploitation des données géographiques des patients couplée à des données environnementales et/ou sociales ouvre de nouvelles pistes de recherche pour l’étude des facteurs de risques associés aux cancers. Hector Countouris a présenté l’avancement du projet Geocancer financé par le Cancéropôle IDF, et l’épidémiologiste Jacqueline Clavel a fait un état des lieux sur la question des risques de cancers pédiatriques en lien avec la qualité de l’air. Tous ces travaux innovants sont favorisés par le développement de nouvelles technologies, dont parleront deux sociétés impliquées dans ces recherches.
  • Table ronde : Ethique, intérêt général et protection des données personnelles : les recherches s’appuyant sur des données cliniques, génomiques ou même géographiques ne seraient pas possible sans le concours des patients. Ce partage de données doit respecter des réglementations strictes pour permettre leur protection, et la protection des patients. Quelles sont les questions éthiques, légales et pratiques qui se posent ? Des représentants de patients, et des experts en éthique, droit et géographie ont échangé sur ces sujets.

Coordination de la journée

Groupe de travail Geocancer du Cancéropôle IDF, piloté par Anita Burgun (AP-HP, Université Paris Cité, Inserm).
En savoir plus sur les groupes de travail

Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

La Directrice Scientifique du Cancéropôle IDF Fatima Mechta-Grigoriou ouvre la journée en présentant les enjeux des questions abordées lors de cette journée Geocancer, tout en les mettant en lien avec les objectifs de la stratégie scientifique du Cancéropôle IDF. Anita Burgun resitue le contexte du travail mené par le groupe de travail Geocancer et aborde plus en détail les enjeux des recherches intégrant données de santé et données environnementales, et de l’apport de l’intégration à ces outils multi-échelles des données géographiques.

Fatima Mechta-Grigoriou, Institut Curie, Directrice scientifique du Cancéropôle IDF
Anita Burgun, AP-HP HEGP, Necker, Inserm, coordinatrice du groupe de travail Geocancer

INFORMATION GÉOGRAPHIQUE ET SANTÉ PUBLIQUE

Prédiction de la prévalence du cancer par intelligence artificielle et images satellitaires

Jean-Emmanuel Bibault, chercheur au Centre de recherche des cordeliers et professeur de médecine à l’AP-HP HEGP, présente ses travaux réalisés aux Etats-Unis de prédiction de la prévalence du cancer en s’appuyant sur l’IA et l’utilisation d’images satellitaires.

Jean-Emmanuel Bibault, AP-HP HEGP, Inserm

Données et territoires : exemples d’utilisation en politique de santé

Danièle Simon est référente cancer de la Direction de l’offre de soins de l’ARS-IDF. Elle présente une utilisation très appliquée des données géographiques qui sont à leur disposition, comme aide au pilotage des politiques de santé dans le domaine du cancer. Pour mener une politique la plus territoriale et la plus en proximité possible, des analyses de données géographiques sont effectuées sur les trois modalités à différents temps : à partir du PMSI sur la chirurgie et la chimiothérapie, et via une enquête déclarative annuelle en radiothérapie externe. Cela permet notamment d’évaluer l’impact des décisions de politique de santé sur l’accès aux traitements en Île-de-France.

Danièle Simon, ARS-IDF

Géolocalisation et adhésion au dépistage du cancer du sein

Zoé VAILLANT est géographe de la santé dans l’unité de recherche LADYSS de l’Université Paris Nanterre, et elle montre ici les enjeux liés au fait de de penser spatialement un projet de santé. L’exemple présenté ici concerne les travaux menés par la plateforme “Géodépistage” qui associe élus locaux, décideurs et chercheurs et étudiants du master Territoire Ville et Santé, sur la question du dépistage des cancers. Ce travail, mené depuis 2010, de diagnostics territorialisés de l’accès aux dépistages des cancers en Île-de-France met en évidence des disparités géographiques, au travers desquelles on peut lire l’histoire des territoires.

Zoé Vaillant, Université Paris Nanterre

Epidemium : la question de l’utilisabilité des données ouvertes

Marc Fournier est en charge du programme collaboratif Epidemium pour la saison 3, qui a pour objectif de permettre aux citoyens de participer, aider la recherche sur le cancer, dans une logique de recherche participative. Le data challenge “Open data & Environnement” mis en place en partenariat avec le Cancéropôle IDF en 2021 a permis le développement de deux projets :

  • le projet Neos, présenté par Pascal Deschaseaux de NewClin, qui a pour objectif de structurer et harmoniser les données ouvertes dans une approche FAIR, dans la lignées de ce qui a été développé par le consortium Osiris.
  • le projet OpenData4Health, présenté par Edouard Debonneuil de International Longevity Alliance, ayant pour objectif de faire un parallèle géographique entre risques de cancer et conditions de vie, afin de mettre en évidence des corrélations.

Marc Fournier, Epidemium
Pascal Deschaseaux, NewClin

GEO-IA ET ENVIRONNEMENT

Environnement et risques de cancers pédiatriques

Jacqueline Clavel, épidémiologiste à l’Inserm, présente les travaux menés à partir des systèmes d’information géographique, pour l’étude des facteurs de risque pédiatriques. Le dispositif Geocap a permis le géocodage de tous les cas du registre national des cancers de l’enfants et de 75000 cas témoins sur tout le territoire métropolitain. Il est complété par le registre Geocap-Birth, dans lequel sont géocodées les adresses à la naissance. Elle a permis la réalisation de plusieurs études : évaluation de l’impact des radiations ionisantes naturelles (Radon et Gamma tellurique), des UVs, des rejets des centrales nucléaires, de la proximité du trafic routier, de l’exposition aux pesticides agricoles, associé aux indicateurs sociodémographiques.

Jacqueline Clavel, Inserm

Ce que la technologie et les données permettent de faire

Ces dernières années ont vu s’accélérer l’utilisation massive de données pour la recherche. L’utilisation des données géographiques pour la santé publique en cancérologie n’est pas une exception, et Dipti Joshi, de la société Kinetica, présente un récapitulatif des progrès permis par la technologie ces 100 dernières années : amélioration des connaissances médicales, accessibilité et diversité des données, progrès technologiques permettant d’exploiter et corréler ces données en temps réel et dans un contexte géographique.

Dipti Joshi, Kinetica

Exploitation des géodata de l’entrepôt de données de santé de l’AP-HP

Hector Countouris, AP-HP, présente le résultat des travaux financés par le Cancéropôle IDF menés depuis 2018 d’exploitation de géodata de données de santé pour la recherche dans le domaine du cancer. Il présente les travaux de géolocalisation et d’intégration de jeux de données ouvert qui ont été réalisés, ainsi que des exemples de projets de recherche en santé publique, qui permettent de faire une preuve de concept de ce nouvel outil.

Hector Countouris, AP-HP HEGP, Inserm

Radiothérapie : bilan du projet ELISA et perspectives

Le 19 novembre 2021, le Cancéropôle IDF a organisé une demie journée de webinaire une journée à destination des chercheurs, cliniciens, physiciens médicaux, spécialistes en imagerie travaillant en radiothérapie. Elle a notamment permis de faire un point sur l’avancée du projet ELISA et de discuter des perspectives de recherche en radiothérapie pour les prochaines années.

Le groupe « Oncologie Radiothérapie » du Cancéropôle Île de France regroupe des professionnels issus des 5 centres cliniques de radiothérapie et des centres de recherche de l’AP-HP, de Gustave Roussy, de l’Institut Curie, des équipes de DOSEO, du CEA, des laboratoires du service de santé des Armées, de l’IRSN…, et s’intéressant au domaine des traitements du cancer par radiations ionisantes. Entre 2018 et 2022, le groupe de travail a mené un travail collaboratif ayant pour but d’évaluer l’impact des doses liées à l’imagerie embarquée sur les tissus sains : le projet ELISA (Exposition Liée aux ImagerieS en rAdiothérapie).

Lors de ce séminaire de restitution, l’équipe projet a rendu compte de l’avancée de l’étude ELISA et a présenté les premiers résultats obtenus. Ce webinaire a également été l’occasion de discuter d’autres projets en cours en Île-de-France :

  • le registre PROUST, qui enregistre tous les suivis de toxicité,
  • les projets en cours du LNHB en radiothérapie externe
  • Les actions du réseau RadioTransnet

Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Philipe GIRAUD est praticien hospitalier à l’AP-HP HEGP en oncologie Radiothérapie, professeur d’Université et chercheur. Il a coordonné le groupe “Radiothérapie et cancer” du Cancéropôle entre 2018 et 2022 et présente en ouverture de ce webinaire les objectifs de la journée, et fait un bref rappel de l’histoire du groupe de travail.

Philippe GIRAUD, AP-HP HEGP

RESTITUTION DU PROJET ELISA, IMPLICATIONS, RECOMMANDATIONS

Daniel Lewandowski est chercheur au CEA. Il présente les premiers résultats du volet radiobiologie du projet ELISA, qui a pour objectif d’étudier l’effet des faibles doses délivrées par imagerie CBCT sur les cellules souches hématopoïétiques et sur la fertilité de souris adultes. L’imagerie a été réalisée sur la plateforme DOSEO (CEA Saclay) et effectuée sr les souris tous les jours (5j/7) pendant 6 semaines, suivant le même protocole délivré chez les patients. Ces travaux, en combinaison avec les résultats du volet radiothérapie du projet ELISA, ont pour objectif d’explorer l’impact sur les tissus sains des systèmes d’imagerie de positionnement utilisés chez des patients qui suivent des traitements de radiothérapie.

Daniel LEWANDOWSKI, CEA

Registres : l’exemple de l’étude PROUST

Le Pr Yazid Belkacemi est onco-radiothérapeute à l’AP-HP, Henri Mondor, et professeur d’Université à l’UPEC. Il présente l’étude PROUST, qui est un exemple de registre. Calquer le système des réunions de morbidité et mortalité (RMM) mises en place dans les hôpitaux pour les radiothérapies suscitent un intérêt croissant au plan international, pour permettre un suivi au long court des toxicités et morbidités liées à la radiothérapie. L’étude PROUST, pour Prospective Registration of mOrbidity and mortality and individUel radioSentisivity after radiation Therapy, s’inscrit dans ce cadre : il s’agit d’une étude promue par l’AP-HP et financée par l’INCa, comportant 3 volets. Le volet organisationnel a pour objectif de faire l’état des lieux des RMM en oncologie radiothérapie en France, et promouvoir une implémentation homogène de ces dispositifs sur le territoire. Un deuxième volet analytique vise à permettre l’expertise des dossiers pour lesquels une toxicité a été observée, pour écarter toute suspicion d’erreur dans la planification et l’exécution des traitement comme source de cette toxicité. Enfin, un troisième volet biologique vise à permettre d’étudier la radiosensibilité intrinsèque des patients pour en rechercher la cause.

Yazid BELKACEMI, AP-HP Henri Mondor

LNHB : PROJETS EN COURS EN RADIOTHÉRAPIE EXTERNE

Isabelle Aubineau-Lanièce est ingénieure de recherche au CEA. Après une courte présentation du plateau technique DOSEO, elle revient plus en détail sur deux projets en cours au Laboratoire National Henri Becquerel dans le domaine de la radiothérapie externe, liés à la radiothérapie stéréotaxique : l’introduction d’une nouvelle grandeur pour rétablir la traçabilité métrologique, et la mise en place d’une nouvelle méthode de contrôle qualité basé sur les gels dosimétriques.

Isabelle AUBINEAU-LANIECE, CEA

RADIOTRANSNET : PROJETS EN COURS

Emilie BAYART est chef de projet du réseau RadioTransNet, porté et coordonné par la SFRO et la SFPM. Ce réseau a été labellisé par l’INCa à partir de la fin 2018, puis relabellisé début 2022 pour 4 ans pour structurer la recherche préclinique et translationnelle autour d’un projet d’innovation en radiothérapie oncologie, sur l’ensemble du territoire français. Elle présente le bilan des actions du réseau RadioTransNet sur les 3 dernières années et les projets pour l’avenir.

Emilie BAYART, RadioTransNet

La relation de soin en oncologie dans un contexte de télémédecine : quelles recherches en SHS ?

Les 22 et 23 septembre 2021 le Cancéropôle IDF a organisé, avec le soutien de la Fondation ARC, une journée à destination des chercheurs, cliniciens, et représentants de patients sur le sujet de la télémédecine en oncologie, et plus particulièrement de la relation de soin dans ce contexte. 

Les journées thématiques SHS du Cancéropôles IDF sont organisées depuis 2015 et ont pour objectif d’échanger autour d’une thématique en sciences humaines et sociales dans le domaine du cancer, pour faire émerger auprès du public de chercheurs de nouvelles pistes de recherche interdisciplinaires. Une grande place est donc laissée aux discussions entre les participants chercheurs, cliniciens et représentants des patients. Dans une démarche de recherche translationnelle en sciences humaines et sociales, ces journées ont également pour objectif de transmettre les enseignements de la recherche à la clinique par la présentation de recherches à un public de cliniciens.

La journée thématique de 2021 a porté sur le sujet de “la relation de soin en oncologie dans un contexte de télémédecine” : si le sujet est particulièrement pertinent dans le contexte actuel lié à l’épidémie de Covid-19, les intervenants on tenté néanmoins de se détacher de l’actualité pour discuter du sujet dans un contexte plus général.

  • La première demi-journée a permis de discuter de manière multidisciplinaire sur le développement de la télémédecine de ces dernières années, sous l’angle historique, juridique, éthique et de l’expérience patients.
  • Lors de la seconde session le jeudi matin, des intervenants ont présenté quelques exemples de recherches actuelles en oncologie. Des cliniciens, psycho-oncologues, et représentants de patients ont ensuite échangé lors d’une table ronde sur les retours d’expériences en pratique clinique pour faire émerger des orientations possibles en recherche en SHS.

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Coordination de la journée

Le Cancéropôle IDF, via son groupe de travail SHS coordonné par Sylvie Dolbeault (Institut Curie)
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Sylvie DOLBEAULT, psychiatre et responsable d’une équipe de recherche en SHS à l’Institut Curie, et Laure GUEROULT-ACCOLAS, Présidente de Patients en Réseaux et à l’initiative de accueillent à deux voix les participants au webinaire. L’objectif de ce webinaire est de réfléchir de manière collective à la manière dont ces nouveaux modes d’interactions entre patients et soignants impactent la relation de soin. Quels sont les avantages, inconvénients ? Comment organiser le suivi dans ce cadre ? Quels types de consultation sont plus adaptés à ce nouveau type d’interaction ? La journée a pour objectif de faire un point sur les recherches menées sur ces questions, mais également de réfléchir, dans une démarche de recherche translationnelle, aux pistes possibles de recherche à partir d’illustrations en pratiques clinique.

Sylvie DOLBEAULT, Institut Curie et Laure GUEROULT-ACCOLAS, Patients en Réseau

I. LE DÉVELOPPEMENT DE LA TÉLÉMÉDECINE : UNE APPROCHE MULTI-DISCIPLINAIRE

ESSOR DE LA TÉLÉMÉDECINE

Sandra MALAK est hématologue et responsable médicale des projets informatiques de l’Institut Curie. Elle revient sur le concept de télémédecine en s’arrêtant sur les définitions, sur les aspects réglementaires et sur la mise en œuvre dans les politiques de santé. Elle revient plus spécifiquement sur la téléconsultation, qui est rentrée dans le droit commun en septembre 2018, et qui a été utilisée sous différentes modalités : cabines de téléconsultation, avec d’autres professionnels de santé, et plus largement depuis 2019 via des visioconférences simples. Elle revient aussi brièvement sur les pratiques de télé-expertise et de télésuivi, en présentant des exemples concrets de mise en œuvre.

Sandra MALAK, Institut Curie

ETHIQUE ET TÉLÉCONSULTATION

Elisabeth ANGELLIER est médecin et responsable de l’équipe soins de support et soins palliatifs de l’Institut Curie, et docteur en éthique médicale. Elle va partir de la réalité de la téléconsultation entre 2018 et 2021, et notamment des études de la Société Française de télémédecine, pour explorer les questions éthiques associées. Elle revient sur les chiffres existant sur les inégalités de santé qui existent en France et en IDF, notant qu’il existerait un déficit des représentations des inégalités de santé dans la société, qui rendent difficile les études sur ce sujet. Ces inégalités sont liées à des inégalités socio-économiques, ainsi qu’à une fracture numérique qui persistent dans la population. Comment lutter contre ces inégalités de manière éthique, et sommes-nous sur une égalité d’accès au soin ou une égalité des chances en santé ?

Elisabeth ANGELLIER, Institut Curie

LE SUIVI HÔPITAL-VILLE-DOMICILE : RETOURS SUR LES EXPÉRIENCES AKO@DOM ET AKO@PRO

Laure GUEROULT-ACCOLAS est membre du groupe de travail SHS du Cancéropôle IDF? et elle présente un retour d’expérience de l’association Patients en Réseau sur le déploiement d’un dispositif de télé-suivi des patients devant suivre des thérapies orales (thérapies innovantes dans le cadre de la médecine personnalisée) en ambulatoire. Le dispositif Ako@DOM développé par la start-up Continuum a donné naissance pendant la première vague de la crise Covid19 à la solution Ako@PRO pour le suivi à distance de nombreux patients (PRO : Patient Reported Outcome) et maintenir le lien avec l’équipe de soin pendant la période d’isolement.

Laure GUEROULT-ACCOLAS, Patients en Réseau

II. EXEMPLES DE RECHERCHES ACTUELLES EN ONCOLOGIE

EVALUATION DE LA SATISFACTION DES PATIENTS TRAITÉS POUR CANCER DU SEIN APRÈS TÉLÉCONSULTATION D’ONCOLOGIE MÉDICALE DANS LE CONTEXTE DE L’ÉPIDÉPIE COVID19

Elie RASSY présente les résultats de l’étude internationale d’évaluation de la satisfaction des patients traités pour un cancer du sein après téléconsultation d’oncologie médicale, dans le contexte de l’épidémie COVID-19, pilotée par Barbara Pistilli et menée grâce à une collaboration de 18 centres de soin en France et en Italie. La satisfaction globale est très élevée, bien que plus faible chez les patients anxieux, et ces résultats permettent d’apporter des éléments sur les profils de patients plus susceptibles d’être satisfaits par ce mode de consultation à distance.

> Etude multi-centrique publiée dans le British Journal of Cancer en septembre 2021

Elie RASSY, Gustave Roussy

TELEGENIQUE : ÉVALUATION DES TÉLÉCONSULTATIONS D’ONCOGÉNÉTIQUE

Olivier CARON est oncogénéticien à Gustave Roussy et il présente les résultats d’une étude de satisfaction sur les téléconsultations en oncogénétique, pilotée par Gustave Roussy et l’Institut Curie. Cette étude montre la faisabilité technique et l’acceptabilité de ce mode de consultation, et que tous les types de consultation en oncogénétiques se prêtent à un mode par visio, avec une attention particulière toutefois pour l’annonce des résultats positifs qui pourraient être plus pertinents en présentiel.

Olivier CARON, Gustave Roussy

TÉLÉMÉDECINE ET CANCER DU SEIN : ETUDE VISIONATE

Delphine HEQUET est chercheuse et médecin au département de chirurgie de l’Institut Curie. Les cancers du sein étant des cancers répandus et généralement de bon pronostic, on observe chaque année un nombre grandissant de femmes nécessitant un suivi après un premier cancer dont le traitement est généralement court, mais ayant souvent un traitement au long court de type hormonothérapie occasionnant des effets secondaires fréquents. Le dépistage des récidives se fait souvent par mammographie, un mode de suivi de ces patientes par téléconsultation semble donc adapté. Elle présente les résultats d’une étude monocentrique permettant d’évaluer cette hypothèse.

Delphine HEQUET, Institut Curie

III. ILLUSTRATIONS EN PRATIQUE CLINIQUE : QUELLES ORIENTATIONS PRIORITAIRES DONNER À LA RECHERCHE EN SHS ?

TÉLÉ-RCP : RETOUR D’EXPÉRIENCE

Carole BOULEUC est responsable du département DISSPO de l’Institut Curie, et elle présente un retour d’expérience sur la mise en place de RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) à distance, des Télé-RCP, pendant la première vague de l’épidémie Covid-19, et revient sur les avantages de la mise en place de ce type de dispositifs.

Carole BOULEUC, Institut Curie

TABLE RONDE

Cette table ronde de fin de séminaire réunit une grand de partie des intervenants autour de question des orientations de recherche à donner en SHS sur le sujet de la relation de soin en télémédecine, l’idée étant de s’appuyer sur un partage d’expériences en pratique clinique. Olivier CARON, Delphine HEQUET, Sandra MALAK, Carole BOULEUC et Laure-GUEROULT-ACCOLAS répondent également aux questions des participants lors de cette table ronde animée par Diane BIONON et Léonor FASSE, chercheuses et psycho-oncologues à Gustave Roussy.

Table ronde animée par Diane BOINON, Léonor FASSE, Gustave Roussy

Recherche, soins et coordination en oncogériatrie en IDF

Le 9 avril 2021 le Cancéropôle IDF et le Réseau Régional de Cancérologie Oncorif ont organisé, avec le soutien institutionnel du laboratoire GSK, une journée dédiée à l’oncogériatrie qui a réuni chercheurs et gériatres issus des 5 UCOGs franciliennes.

L’oncogériatrie est une démarche qui vise à garantir à tout patient âgé atteint de cancer un traitement adapté à son état grâce à une approche pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle par une équipe composée de professionnels du cancer et de la personne âgée. En 2020, deux tiers des cancers sont diagnostiqués après 65 ans, c’est pourquoi la prise en charge des sujets âgés atteints de cancer et la réflexion autour de cette prise en charge spécifique sont une priorité sanitaire.

Cette journée a réuni chercheurs, professionnels de santé (médicaux et non médicaux) prenant en charge des personnes âgées atteintes de cancer, patients et associations de patients, institutionnels, impliqués en recherche et / ou soins en oncogériatrie.

  • La matinée “Recherche” a permis aux chercheurs franciliens en oncogériatrie de présenter leurs résultats de recherche.
  • L’après-midi a permis aux professionnels de santé d’échanger autour d’organisations de soins et de coordination dans la prise en charge de patients âgés atteints de cancer.

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Coordination de la journée

Le Cancéropôle IDF, via son groupe de travail Oncogériatrie coordonné par Elena Paillaud (AP-HP, HEGP), et le Réseau Régional de Cancérologie Oncorif.

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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Le Pr Elena Paillaud est Présidente du réseau Oncorif et coordinatrice du groupe de travail Oncogériatrie du Cancéropôle IDF. Elle ouvre cette journée en faisant un panorama rapide du programme de la journée, qui a été élaboré par les 5 UCOGs franciliennes.

Elena PAILLAUD, AP-HP, HEGP

I. MATINÉE RECHERCHE

IMMUNOTHÉRAPIE ET NOUVELLES DROGUES

De grands progrès ont eu lieu ces dernières années pour la lutte contre les cancers. Dans les années 2010, les progrès en immunothérapie ont révolutionné l’approche des traitements oncologiques, avec notamment l’utilisation d’inhibiteurs du point de contrôle immunitaire. Capucine Baldini revient en détail sur les spécificités de ces traitements chez les personnes âgées : efficacité, toxicité, en lien avec le phénomène d’immunosénescence. Elle parle également de nouvelles drogues de type épigénétiques mais aussi de nouveaux traitements, tels que les CAR-T cells, les anticorps bispécifiques, les cytokines et les vaccins.

Capucine BALDINI, Gustave RoussyDiaporama

PRÉSENTATION DES PRINCIPALES ÉTUDES ISSUES DE LA COHORTE ELCAPA

Philippe Caillet est responsable de la cohorte ELCAPA, grande cohorte prospective multicentrique qui a permis la mise en place de nombreuses études sur les patients âgés. Mise en place en 2007, ELCAPA couvre aujourd’hui 19 centres avec près de 6000 malades inclus. La cohorte est structurée avec un ICRF, un comité scientifique qui permet de valider les projets de recherche, et un comité de pilotage qui permet sa gestion au quotidien. Philippe Caillet dresse un panorama des principales études qui en sont issues et qui permettent d’évaluer le rapport bénéfice / risque des stratégies de prise en charge en vie réelle, de repérer et caractériser les personnes vulnérables, et identifier des facteurs pronostiques à haute valeur prévisionnelle et cliniquement pertinents.

Philippe CAILLET, AP-HP HEGPDiaporama

MISE EN PLACE DE L’ÉTUDE MULTICENTRIQUE RANDOMISÉE PROSPECTIVE SUR COMANAGEMENT – IMPROVED

La stratégie de prise en charge des personnes âgées atteintes de cancer et nécessitant une prise en charge chirurgicale a considérablement évolué ces dernières années : la réhabilitation post-chirurgicale a été améliorée, et des programmes multimodaux ont été mis en place, intégrant la réhabilitation, améliorant la phase anesthésie, renforçant la prise en charge nutritionnelle, proposant des techniques chirurgicales moins invasives et un focus important sur la mobilisation précoce. Elena Paillaud présente aujourd’hui les objectifs de l’étude IMPROVED évaluant l’impact d’un co-management chirurgien / gériatre en péri-opératoire pour les patients âgés atteints de cancer.

Elena PAILLAUD, AP-HP HEGPDiaporama

Trajectoires de cachexie cancéreuse chez la personne âgée

La cachexie cancéreuse est un syndrome défini depuis 2011, correspondant à une perte de masse musculaire squelettique qui ne peut être complètement inversée. Frédéric Pamoukdjian présente les résultats préliminaires de son étude sur les trajectoires de cachexie cancéreuse, et l’utilisation de l’indicateur CRP/Albumine (CAR) comme nouvel index pronostic. Cet outil simple permettrait le repérage de patients qui sont à risque de réaction inflammatoire et donc de cachexie.

Frédéric PAMOUKDJIAN, AP-HP Hôpital Avicenne, Université Sorbonne Paris NordDiaporama

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Les personnes âgées atteintes de cancer sont souvent des patients pomymédiqués, c’est à dire prenant 5 médicaments différents par jour. Cela présente de nombreuses problématiques : celle de médicaments non nécessaires ou redondants, présentant des effets indésirables, ou encore les risques d’interactions médicamenteuses. Les agents anticancéreux présentent souvent une grande toxicité, et présentent un index thérapeutique étroit. Pascaline Boudou-Rouquette présente les ressources disponibles en oncologie pour aider à éviter ces interactions médicamenteuses en oncogériatrie, et illustre quelques points à partir de son expérience en oncogériatrie.

Pascaline BOUDOU-ROUQUETTE, AP-HP Hôpital CochinDiaporama

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II. APRÈS-MIDI SOINS ET COORDINATION

RETEX SUR LA MISE EN OEUVRE DE LA PRÉHABILITATION EN HDJ GÉRIATRIQUE

Janina Estrada partage avec les oncologues et gériatres présents lors de la journée un retour d’expérience de l’Hôpital de jour gériatrique à l’Hôpital Bretonneau sur le programme de réhabilitation pré et post-opératoire en oncogériatrie. Mis en place en mai 2018, il concerne les patients âgés de plus de 70 ans atteints de cancers pour lesquels une intervention chirurgicale à visée curative est programmée. Un programme personnalisé périopératoire est proposé aux patients après une évaluation gériatrique, qui comporte activité physique, recommandations nutritionnelles, suivi psychologique.

Janina ESTRADA, AP-HP Hôpital BretonneauDiaporama

SRR ONCOGÉRIATRIQUES

Eric Dupuydupin est responsable de l’unité d’oncogériatrie de l’Hôpital Dupuytren, dans laquelle une grande partie de l’activité est consacrée aux Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) pour les patients âgés atteints de cancer. Il revient sur l’organisation de son service et les missions remplies, sur le rôle des gériatres et oncologues, sur la place du SSR pour les patients âgés atteints de cancer, et sur les évolutions à venir pour cette discipline, en s’appuyant sur quelques cas cliniques.

Eric DUPUYDUPIN, AP-HP Hôpital Henri MondorDiaporama

TÉLÉCONSULTATIONS EN ONCOGÉRIATRIE

La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. La télémédecine a progressé au même rythme que les grandes avancées technologiques, et a connu un bon majeur cette dernière année avec la mise en place de manière large de téléconsultations pendant la pandémie à SARS-Cov 2. Djamel Ghebriou présente une enquête réalisée par le groupe hospitalier APHP Sorbonne Université sur la faisabilité de la téléconsultation pour les patients âgés, réalisée en février 2019 auprès de patients en oncologie, pneumologie, gériatrie. Il partage ensuite un retour d’expérience sur les derniers mois de pratique : déploiement dans son service d’oncologie médicale, forces et faiblesses de cette méthode, et retours de la part des patients.

Djamel GHEBRIOU, AP-HP Hôpital Tenon Diaporama

Les cancers rares, de l’âge pédiatrique à l’âge adulte

Le 11 février 2021 le Cancéropôle IDF a organisé avec le soutien de la Fondation ARC une journée sur le sujet “Les cancers rares de l’âge pédiatrique à l’âge adulte” qui a réuni chercheurs, cliniciens, pédiatres et représentants de patients.
 
Des binômes d’orateurs ont apporté des regards croisés sur un même type de cancer chez l’enfant et chez l’adulte. L’objectif de la journée était d’améliorer la prise en charge des cancers rares pédiatriques et l’accès des enfants aux traitements innovants en suscitant des réflexions sur :

Les cancers rares sont un problème de santé publique : difficiles à diagnostiquer et à être pris en charge, l’errance diagnostique est en moyenne de trois ans et demi. En recherche, les professionnels se retrouvent confrontés à des difficultés propres à la thématique : difficultés d’obtention des financements résultant du statut « Rares» dans les appels d’offre Cancers, et du statut de « Cancers » dans les appels d’offre Maladies Rares, manque d’attrait pour les partenaires industriels car seul un petit nombre de patients sont concernés. Afin de répondre aux attentes de ces équipes, le groupe de travail “Cancers rares” du Cancéropôle IDF, créé en 2015, a organisé plusieurs journées de séminaire. 

  • les mêmes cancers rares diagnostiqués à l’âge pédiatrique ou à l’âge adulte,
  • les prédispositions génétiques aux cancers pédiatriques,
  • l’impact des cancers rares diagnostiqués dans l’enfance sur la vie d’adulte des patients,
  • l’accès aux innovations thérapeutiques.

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Coordination de la journée

Groupe de travail Cancers rares coordonné par Anne-Paule Gimenez-Roqueplo (AP-HP, HEGP).

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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTIONS

La Directrice Scientifique du Cancéropôle IDF, Fatima Mechta-Grigoriou, lance la journée en revenant sur les raisons d’être du groupe de travail “Cancers rares” du Cancéropôle IDF. Animé par des chercheurs et cliniciens, son action a pour objectif de faciliter le transfert des connaissances de la recherche translationnelle à la clinique, à favoriser les interactions entre associations, chercheurs et cliniciens. Cette journée ayant pour objectif de mettre en regard les cancers rares chez l’enfant et chez l’adulte se place dans un contexte politique mettant en exergue

Fatima MECHTA-GRIGORIOU, Institut Curie


 

Anne-Paule Gimenez-Roqueplo introduit la journée au nom de l’ensemble des membres du groupe de travail “Cancers rares” du Cancéropôle IDF en présentant les actions principales menées par le groupe. Un mini-site web dédié aux cancers rares propose une liste de cancers rares ainsi qu’un un annuaire des associations de patients et des chercheurs travaillant sur la thématique “cancers rares” en Île-de-France. Le soutien du Cancéropôle IDF a également permis la mise en place du programme structurant Exorare, qui avait pour objectif principal de mettre en place des RCP moléculaires de recours pour les cancers rares solides progressifs afin de faire bénéficier aux patients atteints de cancers rares des analyses pangénomiques qui étaient en train d’être proposées aux patients atteints de cancers fréquents. Anne-Paule Gimenez-Roqueplo revient également sur le plan France Génomique 2025 qui propose désormais du séquençage pangénomique aux patients atteints de cancers rares.

Anne-Paule GIMENEZ-ROQUEPLO, AP-HP, HEGPDiaporama


 

DIFFÉRENCES ET RESSEMBLANCES POUR LES MÊMES CANCERS RARES DE L’ENFANT ET DE L’ADULTE

Comment et pourquoi un même cancer peut avoir une expression différente s’il survient dans l’enfance ou à l’âge adulte ? Quelles sont les différences et ressemblances observées pour les mêmes cancers rares développés chez l’enfant et chez l’adulte ? Des binômes de chercheurs et cliniciens répondent à ces questions au travers de l’exposé de leurs travaux.

LES CANCERS PÉDIATRIQUES, UNE MALADIE DU DÉVELOPPEMENT

Depuis 2005, les cancers de l’enfant sont présentés comme des pathologies du développement, au contraire des cancers de l’adulte. Les arguments en faveur de cette hypothèse sont des critères épidémiologiques : un pics de cas existe chez les moins de 5 ans, et il existe une association significative entre survenue d’un cancer chez l’enfant et anomalies malformatives. A l’aide de 3 exemples de cancers pédiatriques, Franck Bourdeaut présente d’autres arguments renforçant cette hypothèse.

Franck BOURDEAUT, Institut CurieDiaporama


 

LMMJ / LMMC : VRAIES RESSEMBLANCES OU FAUX SEMBLANTS ?

Les leucémies myélomonocytaires juvéniles (LMMJ) et chroniques (LMMC) présentent de nombreux points communs, en particulier cytologiques et biologiques, et sont toutes les deux une maladie des cellules souches hématopoïétiques. Ce qui les distingue est l’âge de survenue, aux extrêmes de la vie : le tout petit enfant pour la LMMJ, et 70 ans pour une LMMC. Cela suppose que des facteurs liés à l’âge participent à la leucémogénèse de ces pathologies. Hélène Cavé revient sur la LMMJ, et Eric Solary sur la LMMC.

Hélène CAVÉ, AP-HP Hôpital Robert DebréDiaporama


 

Eric SOLARY, Gustave RoussyDiaporama


 

NEUROHISTIOCYTOSE

Les neurohistiocytoses sont les complications neurologiques des histiocytoses, c’est à dire d’une prolifération des cellules histiocytaires. Les histiocytoses de type L regroupent notamment l’histiocytose langerhansienne, qui touche plutôt les enfants et les jeunes adultes, et la maladie d’Erheim Chester, qui concerne plutôt les adultes entre 50 et 70 ans. Les différences et les ressemblances de ces deux types d’hystiocytoses chez l’enfant et l’adulte sont présentées par Ahmed Id-Baih. Il revient notamment sur les lésions neurologiques (tumorales et pseudo-dégénératives) de ces deux maladies, qui présentent de nombreux points communs.

Ahmed ID BAIH, AP-HP, Hôpital de la Pitié SalpêtrièreDiaporama


 

SARCOMES DE L’ENFANT À L’ADULTE

Les sarcomes sont un ensemble de pathologies complexes, tumeurs malignes des tissus de soutien, qui peuvent toucher toutes les tranches d’âge. La diversité des sarcomes proviendrait de la capacité des cellules mésenchymateuses à se différencier dans différents types de tissus : os, cartilages, et tissus mous (muscles, graisses, vaisseaux). Les sarcomes de l’enfant représentent 12% des cancers chez l’enfant, alors que cela ne représente qu’1% chez l’adulte. S’il y a des spécificités pour les sarcomes chez l’enfant et l’adulte, des rapprochements biologiques et cliniques sont évidents : c’est la biologie des tumeurs qui va rapprocher les différents cas plutôt que l’âge.

Sarah WATSON, Institut CurieDiaporama


 

LES DEUX SYNDROMES DE LI-FRAUMENI, DE L’ENFANT ET DE L’ADULTE

Le syndrome de Li-Fraumeni est un syndrome de prédisposition au cancer héréditaire, lié à des mutations germinales de TP53. Ce gène a un rôle important dans les mécanismes de réparation de l’ADN, il est donc important d’évaluer l’impact des traitements sur les risques de second cancer pour adapter le suivi de ces patients. Chez l’enfant, ce syndrome représente 4% des cas, à l’âge adulte il correspond à 5 à 8% des cas de cancers du sein survenant avant 31 ans. Laurence Brugières et Olivier Caron font un point sur les recherches en cours chez l’enfant et chez l’adulte, respectivement.

Laurence BRUGIERES, Gustave RoussyDiaporama


 

Olivier CARON, Gustave RoussyDiaporama


 

LES ENJEUX ETHIQUES DES ANALYSES GÉNÉTIQUES EN ONCOPÉDIATRIE À L’ÈRE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE SÉQUENCAGE

Sandrine de Montgolfier fait un pas de côté et s’intéresse aux enjeux éthiques des analyses génétiques en oncopédiatrie à l’ère du séquençage du génome. Le séquençage du génome permet d’avoir accès à des données qui peuvent servir au diagnostic et à l’adaptation du traitement au type de tumeur, mais également de prédire les risques chez le malade et les membres de sa famille. Cela va avoir pour conséquence un bouleversement des temporalités et de la prise en compte des enjeux psychiques, notamment sur la difficulté pour les familles d’appréhender de manière simultanée l’intérêt d’analyses constitutionnelles en plus des somatiques. Sandrine de Montgolfier revient également sur les questions éthiques et juridiques qui se posent.

Sandrine DE MONTGOLFIER, Université Paris Est CréteilDiaporama


 

EPIGÉNÉTIQUE ET ONCOGENÈSE DES GLIOMES PÉDIATRISUES INFILTRANTS DU TRONC CÉRÉBRAL

David Castel est lauréat de l’appel à projets EMERGENCE 2018 du Cancéropôle IDF. Il s’intéresse aux gliomes infiltrants du tronc cérébral (DIPG), qui ont été pendant très longtemps classés avec les glioblastomes de l’adulte alors qu’ils présentent de nombreuses spécificités. Les premières comparaisons entre ces deux types de cancers ont été publiés pour la première fois en 2010, et mettent en évidence des anomalies et des profils d’expression très différents. Le séquençage de génomes entiers de tumeurs ont permis de mettre en évidence des mutations de l’histone H3 K27M chez 90% des cas de DIPG chez l’enfant, et donc une spécificité génétique des gliomes malins de l’enfant et de l’adolescent.

David CASTEL, Gustave Roussy, INSERMDiaporama


 

RASSEMBLER LES FORCES POUR AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE ET L’ACCÈS AUX TRAITEMENTS

Comment rassembler les forces pour améliorer la prise en charge des enfants et des enfants devenus adultes ? Comment le développement d’une thérapie chez l’adulte peut-il bénéficier à la pédiatrie ? Les intervenants de cette session donnent quelques éléments de réponse en parlant d’essais thérapeutiques et des modalités de surveillance.

ACCÈS AUX INNOVATIONS THÉRAPEUTIQUES EN CANCÉROLOGIE PÉDIATRIQUE

Patricia Blanc, présidente de l’association Imagine for Margo, rappelle que les cancers sont la première cause de mortalité par maladie en pédiatrie, dans les pays industrialisés. 2500 enfants sont diagnostiqués chaque année en France. Le taux de mortalité d’un enfant sur 5 n’a pas évolué depuis 15 ans, à cause d’un manque de recherches cliniques dédiées aux enfants : seuls 2 traitements innovants chez l’enfants ont été approuvés entre 2011 et 2015, contre 70 chez l’adulte. François Doz présente les programmes de documentation moléculaire des cancers de l’enfant et quelques essais cliniques précoces menés ces dernières années spécifiquement chez les enfants. Il évoque également les perspectives en termes de développements de nouveaux traitements ainsi que l’importance de la cohésion pour la collecte de fonds pour la recherche. Patricia Blanc présente l’ensemble des actions réalisées par l’association pour le financement de la recherche, pour mieux comprendre les cancers pédiatriques et mieux les soigner. Elle revient également sur l’ensemble des actions menées avec succès en France et en Europe pour mobiliser les pouvoirs publics sur la question des cancers pédiatriques.

Patricia BLANC, Association Imagine for Margo, François DOZ, Institut Curie et Université de ParisDiaporama


 

LES CANCERS LIÉS AUX ALTÉRATIONS DU SYSTÈME MMR : DE L’ADULTE À L’ENFANT

Chrystelle Colas s’intéresse aux cancers liés aux altérations du système de réparation des mésappariements, c’est à dire MisMatch Repair ou MMR. Elle parle aujourd’hui des bases moléculaires des cancers liés à la déficience du système MMR, et présente quelques éléments cliniques. Les nouvelles techniques de séquençage permettent de diagnostiquer plus facilement des instabilités des micro-satellites, qui concernent à la fois des cancers sporadiques (85%) et héréditaires (15%). Les formes héréditaires correspondent à des prédispositions du cancer du colon : il s’agit du Syndrome de Lynch, qui touche principalement des adultes, et du syndrome CMMRD qui est plutôt pédiatrique. Un enjeu diagnostic majeur est le diagnostic différentiel entre ces deux types de cancers, des cas pédiatriques de Lynch ou de CMMRD chez l’adulte existant parfois.

Chrystelle COLAS, Institut CurieDiaporama


 

SPÉCIFICITÉS DES CANCERS RARES CHEZ LES AJA : DE LA MALADIE AUX JEUNES OU VICE VERSA

Nathalie Gaspar est oncologue pédiatre, elle s’intéresse spécifiquement aux cas de cancers rares chez les adolescents et jeunes adultes (AJA). Il existe une grande disparité sur la prise en charge de ces cancers rares, liée à la définition floue de la catégorie AJA. Cela complique les recherches sur la biologie tumorale et les particularité des cancers de cette population. Si la survie globale est importante, les progrès thérapeutiques sont néanmoins insuffisants avec une moindre participation aux essais thérapeutiques. Les risques de séquelles à long terme sont également importants. Lise Molimard en parle également, et présente les actions menées par l’association On Est Là pour l’accompagnement des 13/30 ans par leurs pairs, pendant et après leur cancer.

Nathalie GASPAR, Gustave RoussyDiaporama


 

Lise MOLIMARD, Association On Est LàDiaporama


 

15e Colloque annuel : Géocancer

La 15e édition du colloque annuel du Cancéropôle IDF était dédiée au sujet des données de santé en cancérologie et leur cartographie, en évoquant les aspects techniques et méthodologiques liés aux grandes bases de données de santé et à l’open data. Cette journée a été organisée par le groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle Île-de-France, en lien avec le réseau Epidemium, et avec le soutien de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

Retrouvez ici le compte-rendu multimédia de la journée.
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Coordination de la journée

Groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle IDF, et notamment Anita Burgun (AP-HP, Université de Paris, Inserm), Bastien Rance (AP-HP, Université de Paris, Inserm) , Hector Countouris (AP-HP, Université de Paris, Inserm), Olivier de Fresnoy (Epidemium).
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Anita Burgun est coordinatrice du groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle, chercheuse au Centre de Recherche des Cordeliers et chaire à l’institut de recherche PR[AI]RIE. Elle lance la journée en parlant des enjeux actuels sur l’intégration des données biologiques, génomiques et d’exposition.

Anita BURGUN, AP-HP HEGP, Inserm, Université de Paris Diaporama

CARTOGRAPHIE, ENVIRONNEMENT ET DONNÉES DE SANTE

CARTOGRAPHIE ET JUSTICE SPATIALE

Jacques Lévy est géographe, il aborde les sujets de la cartographie et de la justice spatiale, et montrer comment la recherche en sciences sociales de l’espace peut aider la biologie. La cartographie peut servir à penser, tester des hypothèses et jouer un rôle de prise de distance critique sur un sujet. Cela ouvre sur des approches pas uniquement analytiques mais systémiques, qui prennent en compte le contexte et le profil des individus.

Jacques LÉVY, Université de Reims Diaporama

EXPOSITION À LA POLLUTION DE L’AIR ET RISQUE DE CANCER : UTILISATION DE DONNÉES SPATIO-TEMPORELLES

Thomas Coudon travaille au Centre Léon Bérard, dans une unité Prévention Cancer, Environnement, et s’intéresse au rôle des facteurs environnementaux sur le risque de cancer. Il va parler de l’impact sanitaire de la pollution de l’air, de ce qu’on sait sur les liens entre pollution de l’air et cancer et des difficultés de travailler sur ce sujet. Il présentera des méthodes développées par son équipe qui permettent d’estimer ces expositions.

Thomas COUDON, Centre Léon Bérard, Inserm Diaporama

BIO-ÉPIDEMIUM : OPENDATA & CANCÉROLOGIE

Hector Countouris travaille actuellement sur le projet Bio-épidémium financé par le Cancéropôle IDF et en partenariat avec Epidemium. Une plateforme de recherche translationnelle a été montée au sein du Siric Carpem, pour mettre à disposition les moyens pour gérer leurs données et leur analyse. Ce travail a pour objectif de présenter sous la forme d’une cartographie les données de patients extraites des compte-rendus médicaux, pour les mettre en relation avec des données environnementales publiques.

Hector COUNTOURIS, AP-HP HEGP, Inserm, Université de ParisDiaporama

GÉOMATIQUE À L’AGENCE DE LA BIOMÉDECINE : USAGE ET ENJEUX

Florian Bayer fait un tour d’horizon des différentes applications possibles de la géographie et de la géomatique de la santé, en s’appuyant sur le contexte de l’agence de la biomédecine. Ces travaux servent à l’évaluation mais ont également une visée opérationnelle, dans un objectif d’amélioration de l’accès aux soins, de la prise en charge des patients, et de l’amélioration des pratiques.

Florian BAYER, Agence de la Biomédecine Diaporama

DONNÉES HOSPITALIÈRES ET CARTOGRAPHIE SUR SCANSANTÉ

Marie-Caroline Clément est médecin de santé publique, elle présente un état des lieux des données hospitalières qui sont mises à disposition et qui peuvent intéresser la recherche sur le cancer, notamment les données du PMSI. Elle présentera également un outil cartographique disponible sur ScanSanté, qui est un outil utilisable librement par les chercheurs et / ou établissements qui souhaiteraient afficher des données de santé sur une carte.

Marie-Caroline CLÉMENT, ATIH Diaporama

GIS & CANCER, ENJEUX DE CIBLAGE EN SANTÉ PUBLIQUE ET DE QUALITÉ DE PRISE EN CHARGE

SYSTÈMES D’INFORMATIONS GÉOGRAPHIQUES : OPPORTUNITÉS & CHALLENGES DANS LA RECHERCHE SUR LES ISSUES DU CANCER

Cary Gross est professeur de médecine et chercheur en épidémiologie à l’Université de Yale. Il est important pour lui de mener des recherches sur le devenir des patients et les conséquences du cancer, au travers du prisme de problématiques de cartographie géographique, pour mieux comprendre les liens complexes existants entre lieu et soin, entre géographie et prise en charge du cancer. Il parlera également de l’étude des variations de prise en charge et de devenir des patients observées entre plusieurs régions : ces travaux menés par son équipe permettent en effet d’utiliser la géographie pour évaluer l’impact de différentes stratégies de prévention et/ou de prise en charge. 

Cary GROSS, Yale University Diaporama

CANCER ET EXPOSOME

Robert Barouki est professeur de médecine à l’Hôpital Necker. Lui et son équipe travaillent, au sein de grands consortiums, sur l’exposome et notamment son impact sur les cancers. Il aborde dans un premier temps les multiples définitions de l’exposome, avant de revenir sur ce qui l’a amené à s’intéresser à l’exposome de manière large en intégrant à ses recherches en toxicologie sur le récepteur AhR une dimension d’épidémiologie et de modélisation dans un projet sur l’exposome. Il conclue son exposé en expliquant pourquoi les études sur l’exposome sont utiles à la santé publique, et peuvent avoir un impact aussi bien en prévention que pour améliorer les résultats de recherches.

Robert BAROUKI, AP-HP Necker, Université de Paris Diaporama

REPRÉSENTATION DE DONNÉES PMSI DANS UN CONTEXTE GÉOGRAPHIQUE

Cette table ronde a permis à des intervenants d’horizons différents d’aborder la question des données PMSI, l’utilisation des données géolocalisées et les enjeux associés à leur représentation :

  • Grégoire Rey, directeur du centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm, qui produit la base nationale depuis 1968
  • Anne-Sophie Jannot, maître de conférences, médecin de santé publique à l’HEGP, AP-HP, travaille sur les entrepôts de données hospitaliers de l’HEGP, et référente nationale pour la banque de données maladies rares
  • Xavier Vitry, chef de projet du système d’information géographique mutualisé Atlas-Santé au sein du Ministère de la santé, direction du numérique sur les systèmes d’information mutualisés des ARS
  • Philippe-Jean Bousquet, dirige à l’INCa la direction Observation Sciences des données et évaluations
  • Bastien Rance, maître de conférences à l’HEGP, Université de Paris, travaille dans l’équipe Inserm d’Anita Burgun.

DÉBAT : TRAÇAGE DES INDIVIDUS DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS, LIMITES TECHNIQUES ET ÉTHIQUES

La seconde table ronde a permis d’aborder les questions techniques et éthiques relative au traitement des données géographiques des patients sous un angle interdisciplinaires. Les différents intervenants ont pu apporter l’éclairage de leur discipline :

  • Marie-France Mamzer, Professeur d’éthique et de médecine légale à l’Université de Paris, anciennement médecin néphrologue
  • Julien Guérin, chef de projet informatique à la direction des données de l’Institut Curie, en charge de l’équipe Data Factory qui a pour objectif la mise en oeuvre des entrepôts de données et de services innovants
  • Jean-Yves Lascaux, délégué régional Île-de-France à l’Institut Géographique National (IGN), spécialisé dans la donnée géographique et leur utilisation dans le domaine de la santé
  • Anita Burgun, PU-PH à l’AP-HP HEGP, responsable d’une équipe de recherche au Centre de Recherche des Cordeliers, responsable du groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle IDF

Jeunes talents et prix du Cancéropôle Île-de-France

A mi-journée, les trois lauréats du Prix 2020 du Cancéropôle IDF ont été invités à présenter leurs travaux et se sont vus remettre leurs prix :

  • Roger SUN, UMR1030, Inserm, Gustave Roussy, “Intelligence artificielle et imagerie médicale pour la prédiction de la réponse à l’immunothérapie et aux combinaisons de radiothérapie-immunothérapie”
  • Marine CAZAUX, U1223, Inserm, Institut Pasteur, “Décoder les interactions cellulaires régulant l’activité antitumorale des cellules CAR T grâce à l’imagerie intravitale biphotonique”
  • Francesco BASCHIERI, UMR1170, Inserm, Gustave Roussy, “Endocytose frustrée et mécano sensation”

Merci à la Fondation ARC pour son soutien !

Les enjeux de l’observance au fil du temps : quelles recherches SHS en oncologie ?

Le groupe de travail Sciences Humaines et Sociales a organisé, en partenariat avec la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, un séminaire portant sur les enjeux de l’observance le 21 septembre 2018.

La journée a été l’occasion pour des chercheurs de présenter leurs travaux et de confronter leurs résultats au regard des experts invités et à celui de leurs collègues des autres disciplines des SHS.
Dans une démarche de recherche translationnelle en sciences humaines et sociales, cette journée a également pour objectif de transmettre les enseignements de la recherche à la clinique par la présentation de recherches à un public de cliniciens. Enfin, une large place sera laissée aux échanges entre les participants dans le but de faire émerger auprès du public de chercheurs de nouvelles pistes de recherche interdisciplinaires grâce aux échanges entre les participants chercheurs, cliniciens et représentants des patients.

Le groupe de travail Sciences Humaines et Sociales, pluri-institutionnel et pluridisciplinaire, intervient notamment lors de l’évaluation des projets de recherche soumis au Cancéropôle IDF et organise des journées sur des problématiques spécifiques des cancers pour faire émerger des idées et questions scientifiques à l’interface entre les disciplines.

Retrouvez ici le compte-rendu multimédia de la journée.
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Coordination scientifique

Groupe de travail « Sciences Humaines et Sociales » du Cancéropôle IDF, piloté par Sylvie Dolbeault, Institut Curie et Edwige Rude-Antoine, CNRS, CENJ Institut Marcel Mauss.
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Compte-rendu de la journée

Introduction

Sylvie Dolbeault et Edwige Rude-Antoine présentent la thématique de la journée et expliquent la réflexion qui a été menée par le groupe de travail SHS autour de celle-ci. L’observance est un sujet vaste et cette journée de séminaire permettra d’aborder les questions de sa définition, de la relation médecin-patient, du rôle du milieu hospitalier…

Des patients interviendront également au cours de la journée afin de développer leurs points de vue et leurs ressentis sur cette problématique.

Sylvie DOLBEAULT, Institut Curie
Edwige Rude-Antoine, Institut Marcel Mauss

Etat des lieux des difficultés d’observance aux différents types de traitement tout au long du parcours de soin et difficulté des équipes médicales face à ces problèmes

Pourquoi étudier l’adhérence à l’hormonothérapie ? Quelles sont les limites pour développer des programmes de recherche sur l’adhérence ? Barbara Pistilli développe le sujet de l’observance autour de la thématique du cancer du sein, et détaille son programme de recherche qui vise à comprendre la problématique de l’adhérence pour l’hormonothérapie chez les jeunes femmes.

Barbara PISTILLI, Gustave Roussy – diaporama

Point de vue des patients sur l’observance : quel rôle des patients experts ?

Les patients experts et représentants de patients ont des rôles cruciaux dans l’accompagnement des patients. Deux patientes reviennent sur leurs points de vue concernant l’observance. Elles reviennent sur les difficultés rencontrées, les effets secondaires difficiles à supporter, le choix d’arrêter le traitement, les problèmes d’accompagnement au quotidien, ou encore la solitude ressentie. Des réseaux existent heureusement aujourd’hui pour aider les patients atteints d’un cancer du sein et d’un cancer du poumon.

Laure DE VILLEPIN, Université des Patients, Sorbonne Université

Laure GUEROULT-ACCOLAS, Mon Réseau Cancer du Sein, Mon Réseau Cancer du Poumon – diaporama

Les prédicteurs psycho-sociaux de l’observance à l’hormonothérapie chez les femmes atteintes d’un cancer du sein (cohorte CANTO)

Psychologues, Diane Boinon et Léonor Fasse, reviennent sur l’étude de l’observance dans le cas de l’hormonothérapie chez les femmes jeunes atteintes du cancer du sein. Cette population est plus vulnérable et il est important de comprendre les déterminants de l’observance d’une façon multimodale. Leur projet permettra de mieux comprendre et identifier les déterminants psychologiques et sociaux vis à vis de l’adhésion au traitement. La définition de l’observance est également abordée ici.

Diane BOINON et Léonor FASSE, Gustave Roussy – diaporama

Education thérapeutique et traitements oraux : mieux comprendre pour mieux agir

Cette présentation évoque les aides menées au quotidien pour l’observance. Claire Llambrich-Molines a participé à la mise en place de consultations par les infirmières pour aider les patients qui prennent des thérapies orales. Le programme d’éducation thérapeutique permet également au malade d’acquérir des compétences et des connaissances, et de donner du sens aux soins reçus.

Claire LLAMBRICH-MOLINES, Institut Curie – diaporama

Développement et évaluation d’une intervention d’éducation thérapeutique portée sur l’adhésion de patientes traitées par hormonothérapies dans la prise en charge du cancer du sein

Aurélie Bourmaud travaille sur la prévention et mène des recherches sur l’éducation thérapeutique. Elle soulève des questions sur les critères à utiliser pour démontrer l’efficacité d’un programme. De nombreux facteurs doivent être pris en compte tels que la définition d’un programme de qualité, la méthodologie utilisée etc. Ses études montrent que l’éducation thérapeutique a des effets bénéfiques, par exemple sur la réduction de la fatigue liée à la maladie.

Aurélie BOURMAUD, Centre Hygée, Université Paris Diderot – diaporama

La place des nouvelles technologies pour l’observance

Quelles nouvelles technologies existent ? Quelles sont les nouvelles possibilités ? Comment favoriser l’observance ? Sandra Malak travaille sur la qualité de vie, l’e-santé et sur des projets informatiques. Elle présente ici les différentes alternatives technologiques qui existent dans le cadre de l’observance.

Sandra MALAK, Institut Curie – diaporama

Évaluation des nouvelles technologies pour favoriser l’observance

De plus en plus d’objets connectés ou d’applications santé sont disponibles pour accompagner le patient dans la prise médicamenteuse. La e-santé est attendue par les patients, tant elle est synonyme d’efficacité et de praticité. Mais dans les faits, elle est très complexe. Quelles sont les méthodologies employées qui permettent à ces nouvelles voies d’accompagner la prévention ou l’observance ?

Linda CAMBON, Chaire Prévention ISPED – SPF, ISPED, Université de Bordeaux – diaporama

Rôle des proches aidants : quelles recherches SHS en oncologie ?

Le groupe de travail “Sciences humaines et sociales” du Cancéropôle Île-de-France a organisé avec le soutien de la Fondation ARC une journée de séminaire sur le rôle des proches aidants le 11 octobre 2019.

Les journées thématiques SHS du Cancéropôles IDF sont organisées depuis 2015 et ont pour objectif d’échanger autour d’une thématique en sciences humaines et sociales dans le domaine du cancer, pour faire émerger auprès du public de chercheurs de nouvelles pistes de recherche interdisciplinaires. Une grande place est donc laissée aux discussions entre les participants chercheurs, cliniciens et représentants des patients. Dans une démarche de recherche translationnelle en sciences humaines et sociales, ces journées ont également pour objectif de transmettre les enseignements de la recherche à la clinique par la présentation de recherches à un public de cliniciens.

Cette journée a réuni chercheurs, cliniciens et représentants de patients autour de la thématique des proches aidants. Dans un premier temps, les intervenants issus de différentes disciplines des SHS (droit, sociologie, psycho-oncologie) sont revenus, au côté de représentants de patients et de proches, sur la définition du proche aidant au travers du prisme de leur discipline. Des chercheurs ont également été invités à présenter leurs travaux de recherche sur le sujet. Le rôle du conjoint aidant et celui des jeunes aidant a également été abordé de manière plus approfondie.

Retrouvez ici le compte-rendu multimédia de la journée.
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Coordination de la journée

Groupe de travail Sciences humaines et sociales, et notamment Sylvie Dolbeault (Institut Curie), Edwige Rude-Antoine (CNRS), Diane Boinon (Gustave Roussy), Léonor Fasse (Gustave Roussy).
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Edwige Rude-Antoine et Diane Boinon introduisent la thématique de la journée en reprécisant le contexte dans lequel s’inscrivent les journées thématiques organisées par le groupe de travail. La question des proches aidants est devenue une question sociétale. Les proches sont de plus en plus des acteurs et des partenaires dans la prise en charge du malade atteint d’un cancer. Les politiques de santé ont reconnu leur rôle, mais la notion de proche aidant n’est pas facile à cerner. La journée a permis d’en discuter de manière inter-disciplinaire, et avec des témoignages de proches eux-mêmes.

Edwige RUDE-ANTOINE, CNRS
Diane BOINON, Gustave Roussy

QU’EST-CE QU’UN PROCHE AIDANT ? REGARDS PLURIDISCIPLINAIRES

QUEL STATUT JURIDIQUE POUR LE PROCHE-AIDANT ?

Denis Berthiau est juriste, travaille au Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, et participe depuis plus de 20 ans à des consultations d’éthique. La notion d’aidant est associée à des obligations juridiques présentes depuis longtemps dans le code civil : les obligations alimentaires, et les devoirs de secours et d’assistance. La question nouvellement dans le cadre de l’accompagnement de la maladie est celle de la création d’un statut juridique de l’aidant. Ce statut existe-t-il déjà, doit-il être créé ? Quelle est la place de l’aidant dans la décision médicale ?

Denis BERTHIAU, Université Paris Descartes, CNSPFV

ACCOMPAGNEMENT DES PERSONNES ATTEINTES DE CANCER DANS LES CINQ PREMIÈRES ANNÉES SUIVANT LE DIAGNOSTIC : LES DONNÉES DU DISPOSITIF VICAN

Marc-Karim Bendiane est sociologue et docteur en santé publique et recherche clinique, et parle des aidants par le prisme de la vie des patients. L’enquête VICAN a en effet permis d’étudier l’isolement des patients grâce à 3 indicateurs : le contact avec les associations de malades, la participation à des activités de groupes et les contacts sociaux (famille amis).

Marc-Karim BENDIANE, Université d’Aix-Marseille, InsermDiaporama

RÔLE ET BESOINS DES PROCHES : PREMIERS RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE PATIENTS EN RÉSEAU

Leslie Jibaoui-Manot, patiente experte dans l’association Mon Réseau Cancer du poumon, présente l’association Patients en Réseau et les résultats de l’enquête “Donnons la parole aux proches”. Cette enquête a été menée en 2019 auprès des proches de patients, au travers des différents réseaux en ligne de l’association. Les proches partagent les difficultés rencontrées, les rôles joués aux différents moments de la maladie, et leurs besoins. Charlotte Rey et Olivier Rey interviennent à ses côtés et témoignent de leur vécu de proches auprès de Pascaline.

Leslie JIBAOUI-MANOT, Charlotte REY, Olivier REY, Association Mon réseau cancer du poumon – Diaporama

LE RÔLE DU CONJOINT AIDANT

RÔLE DU CONJOINT DANS LA PRISE DE DÉCISION D’UNE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

Le travail présenté par Kristopher Lamore vise à étudier le rôle du conjoint dans la prise de décision d’une reconstruction mammaire. Il comporte 2 volets : lors d’une étude rétrospective, il a interrogé des couples 18 mois après une mastectomie avec ou sans reconstruction mammaire ; dans une étude prospective, des entretiens ont été réalisés à différents temps du parcours de soin auprès des patientes et de leur partenaire, le mois suivant la mastectomie et un an après. Ce travail montre différents rôles pour le partenaire, qui influence le choix de la femme sur son traitement, et Kristopher Lamore vient questionner le modèle de prise de décision triadique patient / médecin / proche.

Kristopher LAMORE, Université Paris Descartes Diaporama

PROCHES ET RECHERCHE EN ONCOLOGIE : UN DÉFI

Alexandra Stulz présente, au travers de l’exemple de son travail de thèse, le défi du recrutement de couples et plus particulièrement des proches de patients pour des recherches en oncologie, des difficultés de mise en place de ces recherches, ainsi que les premiers résultats de son enquête.

Alexandra STULZ, Université Paris DescartesDiaporama

VÉCU DES CONJOINTS DE PATIENTS ATTEINTS DE CANCER EN FIN DE VIE

Léonor Fasse est psycho-oncologue, et présente des données issues de la littérature sur l’expérience de conjoints de patients en fin de vie, ainsi que le travail qu’elle a effectué sur l’ajustement psychologique de conjoints de personnes en soins palliatifs. Elle a mis en évidence des indices de vulnérabilité pour les conjoints qui peuvent permettre d’identifier plus facilement ces conjoints vulnérables pour proposer une prise en charge adaptée.

Léonor FASSE, Gustave Roussy Diaporama

LES JEUNES AIDANTS

L’ASSOCIATION NATIONALE JADE : LE DISPOSITIF “ATELIER CINÉMA-RÉPIT”

Amarantha Bourgeois est directrice de l’association nationale JADE Jeunes AiDants Ensemble, qui accompagne des jeunes aidants, enfants ou adolescents de 18 ans ou moins, qui apportent une aide significative régulière à un membre de leur famille ou de leur foyer. Elle présente notamment l’action “Ateliers Cinéma Répit” mise en place par Françoise Ellien et Isabelle Brocard au sein de l’association qui permet à ces jeunes aidants de se raconter au travers de la réalisation d’un film, de se rencontrer et de bénéficier d’un temps de répit.

Amarantha BOURGEOIS, Association Nationale JADE Diaporama
Françoise ELLIEN, Réseau de santé SPES

LES JEUNES AIDANTS : ÉTAT DE LA RECHERCHE EN FRANCE

Le projet JAID, piloté par Aurélie Untas, a pour objectif de développer la recherche française sur les jeunes aidants afin de mieux les accompagner. Il se décline en plusieurs volets : identifier les jeunes aidants en France, étudier les facteur protecteurs et de vulnérabilité, caractériser leurs difficultés, et développer et évaluer les interventions. Une des interventions évaluée est l’atelier Cinéma Répit de l’association JADE.

Aurélie UNTAS, Géraldine DORARD, Université Paris Descartes – Diaporama

Les plateformes : actrices de la recherche sur le cancer

Le groupe de travail “Plateformes technologiques” du Cancéropôle Île-de-France a organisé le 15 mars 2019 un symposium visant à coordonner le développement technologique des plateformes franciliennes à l’horizon 2030.

Les réflexions menées pendant la journée ont porté sur les futures technologies (quelles technologies émergeront et amélioreront la recherche), les limites actuelles (financement, partenariats complexes, techniques…) et sur l’organisation des plateformes. Des experts internationaux invités pour cette journée ont partagé leur expérience dans des domaines allant de la bio-informatique à la thérapie, en passant par l’imagerie et l’immunologie. Les plateformes franciliennes, quant à elles, ont présenté leur activité lors de sessions posters. Cette journée était soutenue par les sociétés Bruker et Fluidigm.

L’objectif de la journée : alimenter les réflexions et faire émerger de manière concertée des orientations futures pour les plateformes franciliennes.

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Coordination de la journée

Groupe de travail Plateformes technologiques, coordonné par Sergio Roman-Roman et Jessica Zucman Rossi.
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Le Président du Cancéropôle IDF, Président du Cancéropôle Île-de-France, ouvre cette journée dédiée aux technologies de pointe pour la recherche sur le cancer, et souhaite à tous les participants de repartir avec de nouvelles idées et approches sur la question.

Hervé FRIDMAN, Cancéropôle IDF

BIOINFORMATIQUE & DATA SCIENCE

LES PLATEFORMES DE BIOINFORMATIQUE DANS LA TEMPÊTE DE LA GÉNOMIQUE

Les progrès rapides des technologies de la génomique et la diversité des environnements dans lesquels la génomique est un élément clé, des instituts de recherche aux hôpitaux, posent un défi considérable à l’organisation des installations de recherche en général et de la bioinformatique en particulier. À l’avenir, ces demandes ne feront qu’augmenter à mesure que le besoin de considérer d’autres sources, y compris les images, les appareils à distance et les sources textuelles (DSE ou publications), augmentera. Pour Alfonso VALENCIA, la communauté a la responsabilité de développer des solutions évolutives s’appuyant sur les infrastructures publiques (matériel, bases de données et logiciels) et en liaison avec l’expertise scientifique locale. Ces projets de collaboration devraient être accessibles aux bioinformaticiens, aux biologistes et aux cliniciens, et intégrer le besoin évident de formation interdisciplinaire. Il a abordé ces sujets à la lumière de son expérience dans les domaines de la science, des plateformes de service, des infrastructures de soutien et des organisations professionnelles.

ALFONSO VALENCIA – Barcelona Supercomputing CenterDiaporama

PLATEFORMES DE SERVICES ET FAIR DATA POUR LA RECHERCHE SUR LE CANCER

Les plateformes sont essentielles à la production structurée d’ensembles de données à grande échelle allant de la génomique et de la transcriptomique à la protéomique et à la métabolomique. Sven NAHNSEN a parlé du besoin des plateformes pour permettre des soins personnalisés et axés sur les données ainsi que des recherches de pointe sur le cancer. Il a également discuté du rôle des données massives, de l’autonomisation des usagers cliniques et de l’analyse automatisée des données pour l’intégration de données hétérogènes sur le cancer. Comme exemple d’utilisation de la plateforme, il a présenté l’infrastructure de données de QBC appliquée aux études oncologiques ainsi que l’approche de Tübingen pour l’individualisation de la thérapie du cancer par des vaccins à base de peptides.

SVEN NAHNSEN – Quantitative Biology Center, University of TübingenDiaporama

MACHINE LEARNING POUR LA MÉDECINE DE PRÉCISION

La capacité à recueillir des données pour caractériser finement l’état d’un patient, à l’aide par exemple de technologies génomiques et d’imagerie, ouvre la voie à des stratégies thérapeutiques adaptées à chaque patient individuellement. Le machine learning est aujourd’hui la principale technologie utilisée pour optimiser ces stratégies, basée sur l’analyse automatique de grandes quantités de données. Jean-Philippe VERT a parlé de certains progrès récents dans ce domaine, ainsi que des défis qui restent à relever.

JEAN-PHILIPPE VERT – Google Brain, FranceDiaporama

SCREENING & THÉRAPIE

PROFILAGE DE LA RÉPONSE MÉDICAMENTEUSE POUR UN TRAITEMENT PERSONNALISÉ DE LA LEUCÉMIE PÉDIATRIQUE

En dépit d’une grande amélioration de la survie des enfants atteints de leucémie lymphoblastique aiguë, le traitement de la leucémie aiguë récidivante et réfractaire reste difficile. L’équipe de Jean-Pierre BOURQUIN et Beat BORNHAUSER a établi une approche de médecine de précision fonctionnelle pour identifier les vulnérabilités spécifiques de la maladie résistante. L’idée est d’orienter les décisions de traitement à l’aide de tests de médicaments en temps réel sur des échantillons prélevés chez les patients. Leur approche de dépistage fonctionnel est basée sur une puissante plateforme d’analyse automatisée basée sur l’imagerie qui génère des profils de réponse des cellules leucémiques dérivées des patients aux
agents chimiothérapeutiques actuels et nouveaux. Ceci permet de détecter une forte activité anti-leucémique des agents thérapeutiques disponibles ou nouveaux et des médicaments auxquels une leucémie donnée est résistante. Grâce à leur approche fonctionnelle, ils ont pu détecter une activité inattendue et très pertinente d’agents thérapeutiques chez des patients atteints d’une maladie réfractaire, ce qui a permis d’obtenir des réponses thérapeutiques en clinique.

BEAT BORNHAUSER – Children’s Hospital, University of ZurichDiaporama

LES ORGANOÏDES DE TUMEUR DE LA TÊTE ET DU COU COMME PLATEFORMES POUR LA MÉDECINE PERSONNALISÉE

Des études antérieures ont décrit les organoïdes tumoraux comme pouvant modéliser la diversité des types de carcinomes humains existants. Else DRIEHUIS présente ici les conditions d’une culture à long terme d’organoïdes muqueux humains. À l’aide de ce protocole, un panel de lignées organoïdes dérivées du carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC) a été établi. Ce panel récapitule les caractéristiques génétiques et moléculaires précédemment décrites pour le HNSCC. Les organoïdes conservent leur potentiel tumorigène lors de la xénotransplantation. Elle observe par ailleurs des réponses différentielles à un panel de médicaments incluant le cisplatine, le carboplatine, le cetuximab et la radiothérapie in vitro. Le dépistage de médicaments révèle une sensibilité sélective à des drogues ciblées qui ne sont normalement pas utilisées dans le traitement des patients atteints du cancer du sein avec HNSCC. Ces observations peuvent inspirer une approche personnalisée de la prise en charge du HNSCC et élargir le répertoire des médicaments du HNSCC.

ELSE DRIEHUIS – Hubrecht InstituteDiaporama

PHÉNOTYPAGE MULTIPARAMÉTRIQUE : IMAGERIE & IMMUNOLOGIE

CARTOGRAPHIE MOLÉCULAIRE ET CELLULAIRE HAUTEMENT MULTIPLEXÉE DES TISSUS DES CANCERS DU POUMON ET DU SEIN EN 2 ET 3 DIMENSIONS À L’AIDE DE LA CYTOMÉTRIE DE PASSE PAR IMAGERIE

Une compréhension holistique des structures des tissus et des organes exige que les constituants moléculaires puissent être détectés dans leur contexte original. La cytométrie de masse par imagerie (IMC) permet de détecter jusqu’à 50 antigènes et acides nucléiques spécifiques simultanément à l’aide d’anticorps à marqueurs métalliques ou de sondes d’acides nucléiques, respectivement. Raul CATENA et son équipe utilisent l’IMC et une nouvelle variante en 3D, la tomographie de masse, pour effectuer une analyse phénotypique approfondie de centaines de tumeurs afin de déchiffrer et de mieux comprendre la composition du microenvironnement tumoral. Leurs données, après une analyse approfondie à l’aide d’outils informatiques avancés, révèlent une hétérogénéité spatiale et cellulaire, des interactions préférentielles de cellule à cellule, des motifs détaillés d’architecture tissulaire et des micro-environnements uniques. L’IMC et la tomographie de masse fournissent des informations précieuses sur le microenvironnement tissulaire, la compréhension de son environnement cellulaire, l’organisation des tissus, les interactions moléculaires entre ses composants et donc les bases fondamentales de la malignité des cancers.

RAUL CATENA – Institute for Molecular Life Science, University of ZurichDiaporama

BIOIMAGING AUSTRIA-CMI : IMAGERIE MULTIMODALE CORRÉLÉE À DIFFÉRENTES ÉCHELLES

Le Correlated Multimodal Imaging Node Austria (CMI) est l’initiative officielle autrichienne de bio-imagerie en Europe des plus grands experts en imagerie en Autriche. Il a été créé sous la forme d’un consortium de huit universités et instituts de recherche de Vienne et de ses environs (www.bioimaging-austria.at) afin d’être pionniers en imagerie multimodale corrélée à différentes échelles dans les sciences du vivant. L’imagerie corrélée recueille des informations holistiques sur l’échantillon selon deux modalités complémentaires ou plus qui – combinées séquentiellement – créent une vue composite très informative de l’échantillon. Le CMI offre une multitude de technologies d’imagerie de base et de pointe, de l’IRM à la microscopie à super-résolution, de nombreux pipelines d’imagerie multimodale corrélée et divers services de soutien, comme l’analyse des données et des images, aux chercheurs et aux scientifiques à l’échelle nationale et internationale. Les techniques d’imagerie du CMI couvrent toute la gamme de résolution des études précliniques et biologiques et fournissent des informations complémentaires sur la structure, la fonction et la composition moléculaire des échantillons. Plus de 30 techniques d’imagerie permettent à la fois l’imagerie in vivo et ex vivo et l’analyse moléculaire. En particulier, le CMI développe et met en place des flux de travail multimodaux entièrement nouveaux à la pointe de l’imagerie corrélée, qui peuvent impliquer plus de deux modalités d’imagerie. Le CMI va explicitement au-delà de la CLEM (microscopie électronique et de la lumière corrélative) et de l’imagerie hybride, et fait ainsi progresser considérablement le domaine de l’imagerie corrélée. Au cours des dernières années, l’imagerie et les plates-formes d’imagerie ont évolué rapidement et imposent des exigences élevées en matière de technologie, d’innovation et de gestion. Avec la création du CMI, l’Autriche répond au besoin naissant dans la recherche internationale de plates-formes centralisées avec des approches d’imagerie à la fois hautement spécialisées et holistiques.

ANDREAS WALTER – BioImaging Austria CMI

PLASTICITÉ, ENGORGEMENT ET REMODELAGE TISSULAIRE PENDANT L’INVASION ET LES MÉTASTASES

L’invasion unicellulaire ou collective résulte de la coordination de l’adhésion cellulaire, de la déformabilité et de la dynamique de l’actine par rapport à l’environnement tissulaire. Lorsqu’elles sont surveillées in vivo, à l’aide d’une deuxième et d’une troisième génération de multiphotons intravitaux harmoniques et d’une microscopie à fluorescence, les microniches tissulaires fournissent des pistes favorisant l’invasion qui permettent une migration collective le long des pistes les plus résistantes. En tant que voies principales, le guidage par contact non destructif est assuré par des pistes périmusculaires, vasculaires et neurologiques multi-interfaces préformées de topographie 1D, 2D et 3D, fournissant un substrat pour les invasions dépendantes ou non de l’intégrine. L’analyse ultrastructurale 3D révèle qu’un espace confiné de moindre résistance est fourni par des conduits tissulaires constitutifs (« autoroutes «) dont la géométrie, la nanotropographie et la composition moléculaire sont les principales voies d’invasion par guidage par contact combiné à un mécanisme de « blocage « cellulaire. De façon constante, des sphéroïdes de mélanomes mésenchymateux ou de cellules tumorales épithéliales sont passés d’une dissémination collective à une dissémination unicellulaire face à des tissus 3D de faible confinement, en fermant les voies intégrine et cadhérine, alors que l’acquisition de la densité tissulaire des jonctions cellule-cellule et la polarisation et migration supracellulaire se faisaient plus fréquentes. En conclusion, l’invasion du cancer est maintenue par des programmes physico-chimiques qui équilibrent l’adhésion intrinsèque des cellules et le couplage mécanique avec l’espace physique et les repères moléculaires rencontrés.

PETER FRIEDL – Radboud University

CONCLUSION

Philippe HUPE

PHILIPPE HUPE – Institut Curie

14e Colloque annuel : Résistances Thérapeutiques

Le 18 janvier 2019, le Cancéropôle Île-de-France a organisé son colloque annuel sur le thème des résistances thérapeutiques. Cette journée, soutenue par la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, a été coordonnée par Sergio Roman-Roman (Institut Curie) et Eric Deutsch (Gustave Roussy).

La résistance aux thérapies anticancéreuses, qu’elle soit primaire ou secondaire, a de lourdes conséquences en terme d’efficacité de traitement. C’est pourquoi des travaux de recherches sont menés, notamment sur l’hétérogénéité de la tumeur, dans le but de contrer les résistances et trouver des stratégies thérapeutiques adaptées.

Lors de ce Colloque, le sujet de la résistance thérapeutique a été discuté à travers différentes thématiques :

  • Immunothérapie
  • Radiothérapie
  • Marqueurs circulants
  • Thérapie ciblée

Les jeunes chercheurs lauréats du prix 2019 du Cancéropôle Île-de-France ont également présenté leurs travaux.

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Coordination de la journée

Sergio ROMAN-ROMAN (Institut Curie), Eric DEUTSCH (Gustave Roussy)

Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Hervé FRIDMAN, Président du Cancéropôle Île-de-France, ouvre la journée en présentant le Cancéropôle Île-de-France et en insistant sur l’importance des travaux menés pour mieux comprendre les résistances aux traitements. En effet, on rencontre plus d’échecs lors d’essais thérapeutiques en oncologie que dans des essais concernant d’autres pathologies. Le cancer est une maladie complexe, pour laquelle de multiples mécanismes de résistance aux thérapies se mettent en oeuvre. Mieux comprendre la façon dont ces résistances se mettent en place est donc indispensable pour rendre les traitements plus efficients.

Hervé FRIDMAN, Cancéropôle IDF

 

LEUCÉMIES LYMPHOÏDES CHRONIQUES (LLC) AGRESSIVES ET RÉSISTANCES AUX DROGUES

Florence NGUYEN KHAC présente quelques études sur les leucémies lymphoïdes chroniques (LLC), leucémie la plus fréquente de l’adulte âgé caucasien, en se focalisant sur les cas de LLC qui résistent aux traitements.

Florence NGUYEN KHAC, Sorbonne Université, AP-HP Hôpital de la Pitié SalpêtrièreDiaporama

 

CANCERS VIRO-INDUITS ET RÉSISTANCE : EXEMPLES DE CANCERS DES VOIES AÉRODIGESTIVES SUPÉRIEURES

Cécile BADOUAL est anatomopathologiste à l’AP-HP HEGP et travaille dans une équipe de recherche au PARCC. Les cancers des voies aérodigestives supérieures, le plus souvent des carcinomes épidermoïdes, concernent essentiellement deux types de populations : une associé à des comportements alcolo-tabagiques, et une seconde présentant des cancers viro-induits (papillomavirus), qui vont mieux répondre aux thérapies et avoir un meilleur taux de survie. Le micro-environnement des cellules tumorales semble jouer un rôle fondamental dans ces différences de réponses.

Cécile BADOUAL, AP-HP HEGPDiaporama

 

HYPERPROGRESSION SOUS IMMUNOTHÉRAPIE ANTI-PD1/PD-L1

Stéphane CHAMPIAT, oncologue médicale à Gustave Roussy dans le département des phases I, parle de l’hyper-progression tumorale, phénomène qui arrive sous immunothérapie. On observe en effet chez les patients sous immunothérapie deux types de réponse : une amélioration de l’état du patient, ou une aggravation très rapide. La question posée est de mieux caractériser ce phénomène, d’évaluer la proportion de personnes susceptibles de présenter une hyper-progression tumorale, et enfin de savoir quels sont les facteurs qui augmente le risque.

Stéphane CHAMPIAT, Gustave RoussyDiaporama

 

IMPORTANCE DES MÉCANISMES NON GÉNÉTIQUES DANS L’ÉVOLUTION TUMORALE ET LA RÉSISTANCE THÉRAPEUTIQUE

Le modèle utilisé par l’équipe de Jean-Christophe MARINE est le mélanome cutané, maladie à haute potentialité métastatique et présentant de grandes résistances à la plupart des agents chimiothérapeutiques. Son équipe étudie les problèmes survenant lors de thérapies ciblées et lors d’immunothérapie, et Chris Marine se focalise dans cette présentation sur les mécanismes intervenant dans des cas de résistances à des thérapies ciblées.

Christophe MARINE, VIBDiaporama

 

LIBÉRER TOUT LE POTENTIEL DE MÉDECINE DE PRÉCISION AVEC INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Nikos PARAGIOS est professeur de mathématiques à l’Ecole Centrale Supelec, et il présente l’évolution de l’intelligence artificielle ces dernières années et quelques applications possibles en cancérologie : contourage automatique en radiothérapie, optimisation du plan de traitement en radiothérapie.

Nikos PARAGIOS, Ecole centraleDiaporama

 

ETUDE DES MÉCANISMES DE LA RÉPONSE TUMORALE À LA RADIOTHÉRAPIE ET DE L’HÉTÉROGÉNÉITÉ TUMORALE DANS LE GLIOBLASTOME

Elisabeth MOYAL travaille sur le glioblastome, qui reste incurable malgré les nouvelles techniques en radiothérapie. Son travail consiste à étudier les mécanismes biologiques de résistance à la radiothérapie (plasticité radio-induite, hétérogénéité tumorale, …) et à une optimiser la définition de la cible en radiothérapie, tout en préservant les organes à risque.

Elisabeth MOYAL, IUCT OncopoleDiaporama

 

TRADUCTION DES ARNm ET RÉSISTANCE AUX THÉRAPIES CIBLÉES ET AU NOUVELLES IMMUNOTHÉRAPIES DANS LE MÉLANOME

Caroline ROBERT fait un état des lieux clinique du traitement du mélanome, où tout avance très vite depuis quelques années grâce aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie. Il reste malgré tout des résistances à ces thérapies, et elle s’est associée à Stéphane VAGNER pour trouver d’autres moyens de lutter contre ces résistances. Ce dernier travaille en biologie moléculaire et s’intéresse au complexe eIF4F impliqué dans la traduction d’ARN messagers et point de convergence de nombreux mécanismes de résistances associées à des mutations.

Caroline ROBERT, Gustave Roussy, Université Paris Saclay
Stephan VAGNER, Institut Curie, CNRSDiaporama

 

Jeunes talents et prix du Cancéropôle Île-de-France

A mi-journée, les trois lauréats du Prix 2019 du Cancéropôle IDF ont été invités à présenter leurs travaux et se sont vus remettre leurs prix :

  • Stéphanie GACHET, Institut de Recherche Saint Louis,
    La délétion 6q accélère la progression tumorale des leucémies T en modulant les fonctions ribosomales et mitochondriales
  • Roman CHABANON, Gustave Roussy,
    Exploiter les défauts de réparation de l’ADN pour moduler l’immunité anti-cancéreuse : une étude du potentiel immunologique des inhibiteurs de PARP
  • Luis J CASTRO-VEGA, PARCC, U970
    Génétique et génomique intégrée des phéochromocytomes et paragangliomes