Le groupe de travail Oncogériatrie du Cancéropôle Île-de-France a organisé, le 19 juin 2015, une journée de séminaire à destination des professionnels impliqués dans la prise en charge des patients âgés atteints de cancer, ayant pour but de :
- rendre compte des apports de la recherche à la pratique
- favoriser le développement d’un projet commun entre les UCOGs franciliens
- associer dans une réflexion commune gériatres, oncologues, infirmiers des UCOGs et des centres périphériques et privés dans une dimension de recherche.
Le groupe de travail du Cancéropôle Île-de-France souhaite, au travers de cette journée, développer une interaction entre les UCOGs franciliennes en favorisant l’émergence d’une recherche spécifique en Sciences Humaines et Sociales en oncogériatrie et en appréhendant les problèmes de dépistage du cancer chez les sujets âgés.
La journée a été articulée en 3 table rondes :
- dépistage du cancer,
- qualité de vie
- intervention.
INTRODUCTION
Jean-Léon Lagrange ouvre la journée en présentant les objectifs de cette rencontre et le contexte de la recherche francilienne en oncogériatrie. L’Île-de-France regroupe 5 des 24 Unités de Coordination en OncoGériatrie (UCOG) et représente une force de proposition importante dans le domaine de l’oncogériatrie. Cette journée associe des représentants de ces 5 UCOGs, des gériatres, oncologues, médecins généralistes, kinésitérapeuthes et associations de patients, pour leur développer de manière transversale et interdisciplinaire une recherche spécifique en oncogériatrie, domaine qui va prendre de plus en plus d’importance avec le vieillissement de la population.
Jean-Léon LAGRANGE, AP-HP Hôpital Henri Mondor, UCOG Sud-Val-de-Marne – diaporama
I. REPÉRAGE DES PATIENTS À RISQUES EN ONCOGÉRIATRIE : QUE NOUS APPORTE LA RECHERCHE ?
Repérage des patients à adresser pour une évaluation gériatrique standardisée : optimisation du score de dépistage G8
Epidémiologiste et statisticien, E Audureau parle du travail effectué par l’équipe de recherche CEpIA. L’objectif de l’outil de dépistage rapide G8 est de détecter les patients justifiant d’une Evaluation Gériatrique Standardisée (EGS). Il est l’outil qui présente la plus forte sensibilité, mais dont la spécificité est faible. L’objectif du travail a été de modifier cet outil pour améliorer son efficacité en utilisant les données de la cohorte ELCAPA.
Etienne AUDUREAU, AP-HP Hôpital Henri Mondor, UPEC – diaporama
Facteurs de risque de mortalité à un an
Emilie Ferrat présente le travail de thèse de santé publique réalisé dans l’équipe CEpIA, dont l’objectif était d’identifier les facteurs oncologiques et les paramètres de l’Evaluation Gériatrique Approfondie associés à la mortalité à un an des patients âgés atteints de cancer. Le travail a été effectué sur la cohorte prospective ELCAPA.
Emilie FERRAT, médecin généraliste à Créteil, UPEC, UCOG Sud-Val-de-Marne – diaporama
Faisabilité des traitements anti-tumoraux chez les patients âgés
Florence Canoui est épidémiologiste dans l’équipe de recherche CEpIA et a effectué une étude de cohorte observationnelle pour déterminer la fréquence de la faisabilité du traitement anti-cancéreux chez les patients âgés atteints de cancer, et les facteurs associés à la faisabilité du traitement. Ont été analysés : la faisabilité globale du plan de traitement, de chacune des modalités, séparément selon le statut métastatique ou non, et une analyse des facteurs associés à la faisabilité. Florence CANOUI, AP-HP Hôpital Henri Mondor, UPEC, UCOG Créteil – diaporama
Dépistage des malades à risque : les écarts entre la recherche et la pratique de ville
Eric Dupuydupin est praticien hospitalier et a été pendant une dizaine d’année médecin généraliste. Il aborde les écarts entre la recherche et la médecine de terrain et la difficulté (ou facilité) à mener des actions de recherche auprès des médecins de ville et des réseaux de santé.
Eric DUPUYDUPIN, AP-HP Hôpital Henri Mondor, Président d’Essononco – diaporama
Synthèse
Les deux modérateurs de la première session prennent un moment pour faire un bilan avant d’ouvrir les discussions avec la salle.
Jean-Léon LAGRANGE, Philippe CAILLET, UCOG Sud-Val-de-Marne
II – QUALITÉ DE VIE : LIMITATION DES TRAITEMENTS, PRISE EN COMPTE DES SOUHAITS DES PATIENTS ET DES AIDANTS, QUALITÉ DE SURVIE COMME CRITÈRE DE RECHERCHE
Estimer l’acceptabilité des patients âgés lors de la prise en charge oncogériatrique
Sophie Moulias présente un travail de réfléxion en cours de progression mené au sein de son centre, créé à partir de réflexions communes au sein d’un groupe de travail pluridisciplinaire autour de la notion d’acceptabilité pour créer un outil d’évaluation de l’acceptabilité d’un patient auquel on vient de diagnostiquer un cancer, en amont de son traitement, pour adapter ce dernier et éventuellement améliorer son observance.
Sophie MOULIAS, AP-HP Hôpital Ambroise Paré – diaporama
Acceptabilité et qualité de vie dans les essais GERICO
Etienne Brain présente l’expérience du groupe GERICO de recherche clinique en oncogériatrie sur l’acceptabilité et la qualité de vie à partir de cas cliniques concrets. Le groupe GERICO existe depuis une quinzaine d’années et est hébergé par Unicancer. Les questions au coeur de sa réflexion sont : comment applique-t-on des traitements sur cette population vieillissante qu’il est difficile d’évaluer ? Comment bien évaluer pour éviter le non traitement et le surtraitement ? L’acceptabilité d’un traitement par un patient âgé est très liée au maintien de la qualité de vie, et est de plus en plus souvent évaluée dans les études cliniques en oncogériatrie.
Etienne BRAIN, Florence ROLLOT-TRAD, Institut Curie – diaporama
Qualité de vie, qualité d’une vie
Michèle Monville est psychanalyste et co-fondatrice de l’association Accueil Famille Cancer. Elle fait un historique de la prise en compte de la qualité de vie lors du traitement de patients, et sur sa définition par le patient lui-même, par le médecin et par les proches :un décalage existe entre les questions que se posent les patients et celles que posent les médecins. Elle présente également les actions menées par l’association qui ont pour but d’accompagner et améliorer la qualité de vie des patients.
Michèle MONVILLE, Association Accueil Famille Cancer
III – LE CHEMIN CLINIQUE PÉRI-OPÉRATOIRE
De la chirurgie à la pratique : filière de chirurgie gériatrique
Djamel Ghebriou est oncogériatre au Centre Hospitalier d’Argenteuil / Centre Hospitalier d’Eaubonne et présente l’importance d’insérer les actes chirurgicaux chez les patients âgés atteints de cancer dans une filière de de chirurgie gériatrique. Le processus décisionnel qui doit amener un patient âgé à se faire opérer doit inclure l’évaluation gériatrique. Il insiste également sur les aspects nutrition, préhabilitation en pré-opératoire et réhabilitation en post-opératoire.
Djamel GHEBRIOU, FROG – diaporama
Aspects pratiques de la filière de chirurgie gériatrique en place au centre hospitalier Simone Veil à Eaubonne
Christian Batchy, médecin gériatre, et Claire Cleach, kinésitérapeuthe à l’Hôpital Simone Veil CH d’Eaubonne, présentent les résultats de la mise en application d’une filière de chirurgie gériatrique dans leur centre hospitalier qui leur ont permis d’améliorer la prise en charge de la personne âgée fragile en milieu chirurgicale et devenir un centre de référence pour la chirurgie de la personne âgée fragile. Le projet fait intervenir tous les corps de métiers et une prise en charge interdisciplinaire des patients.
Christian BATCHY, Claire CLEACH, Hôpital Simone Veil – diaporama
Synthèse
Virginie Fossey-Diaz conclut cette session en une diapositive et revient sur l’importance des 3 P : pré, péri et post opératoire, avant de laisser la place aux échanges avec la salle.
Virginie FOSSEY-DIAZ, UCOG Paris-Nord – diaporama
CONCLUSION
La recherche en oncogériatrie est essentielle pour ce qu’elle permet de mettre en oeuvre en pratique, conclut Danièle Avenin. Toutes les expériences ne permettent pas de déboucher sur une pratique quotidienne partagée, et les essais cliniques donnent un cadre pour permettre de rendre ces expériences reproductibles pour améliorer la prise en charge globale des patients âgés.
Danièle AVENIN, APHP Hôpital Tenon