Oncogénétique et mesures subjectives en psycho-oncologie

Ce séminaire “Mesures subjectives en santé et recherche en psycho-oncologie” organisé par le Cancéropôle Île-de-France le 7 juin 2013, ont permis aux chercheurs franciliens de parler de l’impact psychologique des nouvelles approches oncogénétiques.

Les journées MSSR (mesures subjectives en santé et recherche en psycho-oncologie) sont depuis 2011 des rendez-vous bi-annuelles permettant aux chercheurs en psycho-oncologie de discuter de leurs travaux en cours et à venir, aussi bien avec la communauté scientifique francilienne qu’avec des experts du domaine invités pour l’occasion.

L’édition du 7 juin 2013 a permis d’aborder les questions de l’impact psychologique des tests oncogénétiques ainsi que des mesures subjectives appliquées en soins palliatifs.

Trois experts ont été invités à participer à la journée pour présenter leurs travaux et discuter des projets de recherche franciliens : Stephen Lepore, professeur à Temple University (Philadelphie, USA), Shoshanna Shiloh, Professeur à Tel Aviv University (Israel), et Mathieu Bernard, responsable de recherche au CHUV de Lausanne (Suisse).

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Coordination scientifique

Anne Brédart (Institut Curie, Université Paris Descartes), Silla Consoli (AP-HP), Sarah Dauchy (Gustave Roussy), Sylvie Dolbeault (Institut Curie), Jean-Rémi Garbay (Gustave Roussy), Jean-Luc Kop (Université de Lorraine), Darius Razavi (Université Libre de Bruxelles).

7 juin 2013 : "Psycho-oncologie : oncogénétique et mesures subjectives"

Compte-rendu de la journée

Introduction

Anne Brédart (Institut Curie, Université Paris Descartes) replace le thème abordé lors de la matinée, à savoir la recherche en psycho-oncologie dans le domaine de l’oncogénétique, dans le contexte du paysage francilien.

Anne BREDART, Institut Curie, Université Paris Descartes

 

Tests génétiques du risque de cancer : les motivations et les conséquences d’une telle connaissance

Shoshana Shiloh revient dans un premier temps sur la perception du risque, et notamment ses aspects subjectifs et objectifs, puis présentera des travaux menés sur la question de la motivation qui conduit à faire un test génétique du risque de cancer. Elle présentera enfin la signification et les conséquences psychologiques liées au statut dit “à risque”, de manière générale et dans le cadre du cancer.

Shoshana SHILOH, School of Psychological Sciences, Tel-Aviv diaporama

 

La consultation d’oncogénétique pour les femmes à risque de cancer du sein ou de l’ovaire

Antoine De Pauw est oncogénéticien à l’Institut Curie, et revient dans sa présentation sur les risques de cancer du sein et de l’ovaire, et plus particulièrement sur les risques génétiques. Il présente les résultats d’une étude menée sur plusieurs centres, dont le but était de comparer la façon dont sont prises en charge les patientes suivant leur profil génétique.

Antoine DE PAUW, Institut Curie diaporama

 

Impact de la communication du résultat de test oncogénétique selon leur perception de risque de prédisposition génétique

L’étude présentée par Anne Brédart à laquelle a participé Jean-Luc Kop a été menée dans le cadre de celle présentée précédemment par Antoine De Pauw, et avait pour but d’évaluer l’impact psychologique du résultat des tests oncogénétiques dans les différents centres de prise en charge.

Anne BREDART, Institut Curie, Université Paris Descartes diaporama

 

Le programme lifscreen de prise en charge du syndrôme Li-Fraumeni

Olivier Caron est oncogénéticien à Gustave Roussy, et discute dans sa présentation du syndrome Li Fraumeni, qui est une prédisposition génétique au cancer, dont le risque associé de développer un cancer est encore mal connu. Il présente notamment l’étude Lifscreen qui compare l’effet de deux prises en charge différente ainsi que leur impact sur le statut psycho-social des patients.

Olivier CARON, Gustave Roussy diaporama

 

Le test présymptômatique chez le mineur dans les tumeurs endocrines héréditaires – l’expérience de la consultation multidisciplinaire d’oncogénétique de l’HEGP

Khadija Lahlou-Larorêt est psychiatre de liaison à l’Hôpital Européen Georges Pompidou. Elle présente notamment la mise en place d’une consultation d’oncogénétique combinée à une consultation psychologique pour les mineurs présentant un risque hérédiraire de cancer endocrine, ainsi qu’une étude visant à évaluer ce protocole de façon rétrospective.

Khadija LAHLOU-LAFORET, AP-HP, Hôpital Européen Georges Pompidou diaporama

 

La question du sens de la vie chez les patients oncologiques et en soins palliatifs : présentation d’un instrument de mesure subjectif basé sur une approche idiographique et premiers résultats

Mathieu Bernard, psychologue à Lausanne dans un service de soins palliatifs, présente un outil utilisé dans le cadre d’une recherche centrée sur la question du sens de la vie, et les premiers résultats obtenus dans le cadre de cette étude.

Mathieu BERNARD, CHUV de Lausanne, Suisse diaporama

 

 

7 juin 2013 : "Psycho-oncologie : oncogénétique et mesures subjectives"

Une cinquantaine de chercheurs, cliniciens et jeunes chercheurs ont échangé avec les experts étrangers et équipes franciliennes au cours de cette journée.

Prise en charge psychologique de groupes en cancérologie

Ce groupe de travail en psycho-oncologie a réuni cliniciens, chercheurs et associations de patients au tour du thème de la prise en charge psychologique des patients en groupe lors de cette journée organisée par le Cancéropôle Île-de-France le 6 juin 2013.

Cette journée a permis aux chercheurs et cliniciens de partager leur expérience dans une perspective de recherche. Elle était associée à la journée du 7 juin “Mesures subjectives en santé et recherche en psycho-oncologie”. La réunion s’est découpée en deux parties :

  • le matin des présentations théorico-cliniques consacrées à la diversité des types de prises en charge en groupes, à leur rationnel comme à leur mise en place
  • l’après-midi des discussions autour de prises en charge thérapeutiques pratiques, susceptibles de faire émerger de nouvelles questions de recherche.

Stephen Lepore, de l’Université Temple à Philadelphie, a été invité pour partager son expérience sur le sujet des groupes de psychothérapie en oncologie.

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Coordination scientifique

Sarah Dauchy (Gustave Roussy), Sylvie Dolbeault (Institut Curie), Diane Boinon (Gustave Roussy), Nicolas Bendrihen (Gustave Roussy), Silla Consoli (AP-HP), Anne Brédart (Institut Curie, Université Paris Descartes).

6 juin 2013 : "Prise en charge psychologique de groupes en cancérologie"

 

Compte-rendu de la journée

Des groupes, pour quoi faire ?

Sarah Dauchy présente thème de la journée et explique les différents types de groupes de supports qui peuvent exister en psychologie et les replace selon leur typologie, et en relation avec les interventions de la journée.

Sarah DAUCHY, Gustave Roussy

 

Groupes de soutien dans le cadre du cancer

Stephen Lepore étudie la façon dont des modifications de l’environnement d’un patient permet d’améliorer la manière dont il réagit à l’événement traumatique qu’est le diagnostic et le traitement pour un cancer, ainsi que les mécanismes théoriques qui ont pu être mis en évidence. Il revient plus précisément sur l’influence que peuvent avoir des groupes de soutiens en psycho-oncologie, et détaille dans un second temps ensuite plus particulièrement une recherche qu’il a mené ces dernières années sur les groupes de soutiens en ligne.

Stephen LEPORE, Temple University, Philadelphie diaporama

 

Groupes psychothérapeutiques : un impact sur la survie ?

Psychologue et doctorante, Florence Lewis étudie les groupes d’intervention après les traitements en cancérologie. Elle revient sur quelques études pertinentes présentant l’impact des groupes de soutien sur la survie des patients, ainsi que des biais méthodologiques que comportent ces études.

Florence LEWIS, Université Libre de Bruxelles diaporama

 

Mise en place d’un groupe : freins, écueils, opportunités

Florence Cousson-Gélie parle de travaux de recherche menés en 00 – 004 par son équipe, de constitution d’un groupe de soutien en cancérologie et de l’étude de différents paramètres pour tester son efficacité sur la qualité de vie et la détresse de patients pendant leur traitement.

Florence COUSSON-GÉLIE, Université de Montpellier diaporama

 

Les proches : groupes d’enfants de parents malades

Nicole Landry-Dattée présente un groupe de soutien psychologiques créé en 994 pour répondre à la détresse des parents qui ne savaient pas répondre à leurs enfants à propos de leur maladie, et revient sur les enseignements apportés par cette expérience.

Nicole LANDRY-DATTEE, Gustave Roussy diaporama

 

7 juin 2013 : "Psycho-oncologie : oncogénétique et mesures subjectives"

Une centaine de chercheurs, cliniciens et jeunes chercheurs ont assisté aux échange de la journée et ont pu poser des questions aux orateurs sur leurs travaux.

Améliorer l’efficience des traitements contre le cancer

Le Cancéropôle Île-de-France a organisé, en collaboration avec Nutricia et Baxter, le 8 novembre 2011, une journée de conférences durant laquelle sont intervenus des professionnels impliqués dans la prise en charge de patients atteints de cancer.

Ce séminaire, animé par le Pr Jean Navarro, a montré l’importance de la prise en charge globale du malade afin d’améliorer l’efficience des traitements contre le cancer.

Ont été abordés différentes stratégies complémentaires traitements, allant de la psychologie à l’activité sportive en passant par l’utilisation de l’hypnose, de la médecine chinoise ou de la nutrition.

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Coordination scientifique

Pr Jean Navarro (AP-HP, Cancéropôle Île-de-France)

8 novembre 2011 : Améliorer l'efficience des traitements contre le cancer

 

Compte-rendu de la journée

I – COMMENT AMÉLIORER L’EFFICIENCE DES TRAITEMENTS CONTRE LE CANCER ?

Nutrition et cancer

Olivier MIR présente le rôle de la nutrition, et plus particulièrement l’influence de la graisse viscérale lors des traitements. D’après ses observations, il faudrait adapter les doses de chimiothérapie aux masses musculaires et graisseuses sachant que le déficit de masse musculaire et l’excès de masse graisseuse sont défavorables : augmentation du risque de cancer, diminution de la tolérance aux traitements et de leur efficacité. Le soutien diététique est nécessaire pendant les traitements.

Olivier MIR, AP-HP, Hôpital Cochin diaporama

 

Prise en charge des effets secondaires des traitements

Damien Pouessel, chercheur et clinicien à l’Hôpital Saint Louis, présente ici des travaux qui étudient les effets secondaires des traitements contre le cancer, et la façon dont leur prise en charge a des répercussions sur les traitements eux-même. Les effets secondaires peuvent amener à diminuer les doses, diminuer l’efficacité ou retarder les traitements. Les stratégies doivent être définies au cas par cas.

Damien POUESSEL, AP-HP Hôpital Saint Louis diaporama

 

Activité physique et cancer

Jean-Marc Descotes, directeur de la CAMI, parle du rôle que peut jouer une activité sportive dans la prise en charge du cancer ainsi que sur les risques d’être malade. L’activité physique intense et régulière, conduite pour le plaisir qu’elle provoque et son utilité, diminue le risque de cancer de 25%, et celui de récidive de 50%. Les éducateurs doivent être formés aux spécificités des malades atteints de cancer.

Jean-Marc DESCOTES, directeur de la CAMI diaporama

 

Prise en charge psychologique

Sylvie Dolbeault est psychiatre à l’institut Curie et spécialisée dans la prise en charge psychologique de patients atteints de cancers. On constate une surprévalence et une surmortalité du cancer chez les patients déprimés. La dépression conduit chez les malades à diminuer l’observance. Les facteurs de protection : soutien social, optimisme, croyance, permettent d’améliorer la qualité de vie. 30 à 40% des patients ont des troubles psycho pathologiques. Ces troubles sont mal détectés. Il faut augmenter la détection systématique des patients vulnérables, agir sur les facteurs de risque connus.

Sylvie DOLBEAULT, Institut Curie diaporama

 

8 novembre 2011 : Améliorer l'efficience des traitements contre le cancer

II – MÉDECINE FACTUELLE OU COMPLÉMENTAIRE : RECHERCHE DE L’ÉVIDENCE

Médecine holistique

François Goldwasser est professeur à l’Hôpital Cochin, et coordonne un projet de recherche visant à évaluer un nouveau mode de prise en charge des patients atteints de cancer. Le projet Ariane de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris vise à une prise en charge globale des patients cancéreux : pluridisciplinarité et médecine intégrée en un lieu unique et partagé pour une synthèse immédiate et réactive. Il présente ses premiers résultats.

François GOLDWASSER, AP-HP Hôpital Cochin diaporama

 

Hypnose et cancer

Philippe Bordon, de l’Hôpital Ambroise Paré, présente l’hypnose et l’utilisation qu’il en fait dans le cadre de sa pratique clinique en cancérologie. L’hypnose n’est pas un traitement. Elle permet de diminuer les troubles des effets secondaires. Elle est complémentaire à des aides psychologiques pour permettre de mieux supporter les traitements.

Philippe BORDON, AP-HP Hôpital Ambroise Paré diaporama

 

Point de vue de l’anthropologue

Il faut instaurer un dialogue entre les rationalités des patients et celles des professionnels. Le cancer évolue vers une maladie chronique qui conduit à une transformation de la personne –corporelle et identitaire- qui devient un hybride patient-traitement. Le patient doit accepter cette nouvelle personne normale avec une maladie chronique en échange de sa survie. Il faut trouver des moyens d’accompagner le patient cancéreux qui devient une nouvelle personne normale atteinte d’une maladie chronique. Cela permettrait en outre d’éviter les dérives sectaires..

Pr Patrick DESHAYES, Université Lyon III

 

Médecine chinoise

Eric Marié, Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, est Docteur en médecine traditionnelle chinoise. La médecine chinoise présente une approche globale du malade : sont pris en compte la maladie mais aussi son symptôme et le terrain du malade. En Chine, la médecine traditionnelle est utilisée en complément de traitements de type chimiothérapies ou radiothérapies, et permet d’améliorer l’efficacité des traitements, de prévenir récidives, et de diminuer les effets secondaires.

Eric MARIE, Faculté de médecine de Montpellier diaporama

 

Lutte contre les dérives sectaires

Georges Fenech est Président de la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Il rappelle, lors de son intervention, que la plus grande vigilance est requise contre les dérives sectaires qui peuvent être le fait d’individus exerçant ou non en institution. Les signes d’alerte sont les recommandations d’arrêt de traitement, le prix et l’absence de communication.

Georges FENECH, Président de la MIVILUDES texte