15e Colloque annuel : Géocancer

La 15e édition du colloque annuel du Cancéropôle IDF était dédiée au sujet des données de santé en cancérologie et leur cartographie, en évoquant les aspects techniques et méthodologiques liés aux grandes bases de données de santé et à l’open data. Cette journée a été organisée par le groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle Île-de-France, en lien avec le réseau Epidemium, et avec le soutien de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

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Coordination de la journée

Groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle IDF, et notamment Anita Burgun (AP-HP, Université de Paris, Inserm), Bastien Rance (AP-HP, Université de Paris, Inserm) , Hector Countouris (AP-HP, Université de Paris, Inserm), Olivier de Fresnoy (Epidemium).
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Anita Burgun est coordinatrice du groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle, chercheuse au Centre de Recherche des Cordeliers et chaire à l’institut de recherche PR[AI]RIE. Elle lance la journée en parlant des enjeux actuels sur l’intégration des données biologiques, génomiques et d’exposition.

Anita BURGUN, AP-HP HEGP, Inserm, Université de Paris Diaporama

CARTOGRAPHIE, ENVIRONNEMENT ET DONNÉES DE SANTE

CARTOGRAPHIE ET JUSTICE SPATIALE

Jacques Lévy est géographe, il aborde les sujets de la cartographie et de la justice spatiale, et montrer comment la recherche en sciences sociales de l’espace peut aider la biologie. La cartographie peut servir à penser, tester des hypothèses et jouer un rôle de prise de distance critique sur un sujet. Cela ouvre sur des approches pas uniquement analytiques mais systémiques, qui prennent en compte le contexte et le profil des individus.

Jacques LÉVY, Université de Reims Diaporama

EXPOSITION À LA POLLUTION DE L’AIR ET RISQUE DE CANCER : UTILISATION DE DONNÉES SPATIO-TEMPORELLES

Thomas Coudon travaille au Centre Léon Bérard, dans une unité Prévention Cancer, Environnement, et s’intéresse au rôle des facteurs environnementaux sur le risque de cancer. Il va parler de l’impact sanitaire de la pollution de l’air, de ce qu’on sait sur les liens entre pollution de l’air et cancer et des difficultés de travailler sur ce sujet. Il présentera des méthodes développées par son équipe qui permettent d’estimer ces expositions.

Thomas COUDON, Centre Léon Bérard, Inserm Diaporama

BIO-ÉPIDEMIUM : OPENDATA & CANCÉROLOGIE

Hector Countouris travaille actuellement sur le projet Bio-épidémium financé par le Cancéropôle IDF et en partenariat avec Epidemium. Une plateforme de recherche translationnelle a été montée au sein du Siric Carpem, pour mettre à disposition les moyens pour gérer leurs données et leur analyse. Ce travail a pour objectif de présenter sous la forme d’une cartographie les données de patients extraites des compte-rendus médicaux, pour les mettre en relation avec des données environnementales publiques.

Hector COUNTOURIS, AP-HP HEGP, Inserm, Université de ParisDiaporama

GÉOMATIQUE À L’AGENCE DE LA BIOMÉDECINE : USAGE ET ENJEUX

Florian Bayer fait un tour d’horizon des différentes applications possibles de la géographie et de la géomatique de la santé, en s’appuyant sur le contexte de l’agence de la biomédecine. Ces travaux servent à l’évaluation mais ont également une visée opérationnelle, dans un objectif d’amélioration de l’accès aux soins, de la prise en charge des patients, et de l’amélioration des pratiques.

Florian BAYER, Agence de la Biomédecine Diaporama

DONNÉES HOSPITALIÈRES ET CARTOGRAPHIE SUR SCANSANTÉ

Marie-Caroline Clément est médecin de santé publique, elle présente un état des lieux des données hospitalières qui sont mises à disposition et qui peuvent intéresser la recherche sur le cancer, notamment les données du PMSI. Elle présentera également un outil cartographique disponible sur ScanSanté, qui est un outil utilisable librement par les chercheurs et / ou établissements qui souhaiteraient afficher des données de santé sur une carte.

Marie-Caroline CLÉMENT, ATIH Diaporama

GIS & CANCER, ENJEUX DE CIBLAGE EN SANTÉ PUBLIQUE ET DE QUALITÉ DE PRISE EN CHARGE

SYSTÈMES D’INFORMATIONS GÉOGRAPHIQUES : OPPORTUNITÉS & CHALLENGES DANS LA RECHERCHE SUR LES ISSUES DU CANCER

Cary Gross est professeur de médecine et chercheur en épidémiologie à l’Université de Yale. Il est important pour lui de mener des recherches sur le devenir des patients et les conséquences du cancer, au travers du prisme de problématiques de cartographie géographique, pour mieux comprendre les liens complexes existants entre lieu et soin, entre géographie et prise en charge du cancer. Il parlera également de l’étude des variations de prise en charge et de devenir des patients observées entre plusieurs régions : ces travaux menés par son équipe permettent en effet d’utiliser la géographie pour évaluer l’impact de différentes stratégies de prévention et/ou de prise en charge. 

Cary GROSS, Yale University Diaporama

CANCER ET EXPOSOME

Robert Barouki est professeur de médecine à l’Hôpital Necker. Lui et son équipe travaillent, au sein de grands consortiums, sur l’exposome et notamment son impact sur les cancers. Il aborde dans un premier temps les multiples définitions de l’exposome, avant de revenir sur ce qui l’a amené à s’intéresser à l’exposome de manière large en intégrant à ses recherches en toxicologie sur le récepteur AhR une dimension d’épidémiologie et de modélisation dans un projet sur l’exposome. Il conclue son exposé en expliquant pourquoi les études sur l’exposome sont utiles à la santé publique, et peuvent avoir un impact aussi bien en prévention que pour améliorer les résultats de recherches.

Robert BAROUKI, AP-HP Necker, Université de Paris Diaporama

REPRÉSENTATION DE DONNÉES PMSI DANS UN CONTEXTE GÉOGRAPHIQUE

Cette table ronde a permis à des intervenants d’horizons différents d’aborder la question des données PMSI, l’utilisation des données géolocalisées et les enjeux associés à leur représentation :

  • Grégoire Rey, directeur du centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm, qui produit la base nationale depuis 1968
  • Anne-Sophie Jannot, maître de conférences, médecin de santé publique à l’HEGP, AP-HP, travaille sur les entrepôts de données hospitaliers de l’HEGP, et référente nationale pour la banque de données maladies rares
  • Xavier Vitry, chef de projet du système d’information géographique mutualisé Atlas-Santé au sein du Ministère de la santé, direction du numérique sur les systèmes d’information mutualisés des ARS
  • Philippe-Jean Bousquet, dirige à l’INCa la direction Observation Sciences des données et évaluations
  • Bastien Rance, maître de conférences à l’HEGP, Université de Paris, travaille dans l’équipe Inserm d’Anita Burgun.

DÉBAT : TRAÇAGE DES INDIVIDUS DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS, LIMITES TECHNIQUES ET ÉTHIQUES

La seconde table ronde a permis d’aborder les questions techniques et éthiques relative au traitement des données géographiques des patients sous un angle interdisciplinaires. Les différents intervenants ont pu apporter l’éclairage de leur discipline :

  • Marie-France Mamzer, Professeur d’éthique et de médecine légale à l’Université de Paris, anciennement médecin néphrologue
  • Julien Guérin, chef de projet informatique à la direction des données de l’Institut Curie, en charge de l’équipe Data Factory qui a pour objectif la mise en oeuvre des entrepôts de données et de services innovants
  • Jean-Yves Lascaux, délégué régional Île-de-France à l’Institut Géographique National (IGN), spécialisé dans la donnée géographique et leur utilisation dans le domaine de la santé
  • Anita Burgun, PU-PH à l’AP-HP HEGP, responsable d’une équipe de recherche au Centre de Recherche des Cordeliers, responsable du groupe de travail Intégration de données du Cancéropôle IDF

Jeunes talents et prix du Cancéropôle Île-de-France

A mi-journée, les trois lauréats du Prix 2020 du Cancéropôle IDF ont été invités à présenter leurs travaux et se sont vus remettre leurs prix :

  • Roger SUN, UMR1030, Inserm, Gustave Roussy, “Intelligence artificielle et imagerie médicale pour la prédiction de la réponse à l’immunothérapie et aux combinaisons de radiothérapie-immunothérapie”
  • Marine CAZAUX, U1223, Inserm, Institut Pasteur, “Décoder les interactions cellulaires régulant l’activité antitumorale des cellules CAR T grâce à l’imagerie intravitale biphotonique”
  • Francesco BASCHIERI, UMR1170, Inserm, Gustave Roussy, “Endocytose frustrée et mécano sensation”

Merci à la Fondation ARC pour son soutien !

Chargé.e de projet scientifique stratégique réseau NACRe

Le réseau NACRe (réseau National Alimentation Cancer Recherche) regroupe actuellement 39 équipes de recherche publiques qui appartiennent à différents organismes et établissements. Le fonctionnement du réseau est assuré par l’Equipe de coordination opérationnelle constituée de la coordinatrice, d’une chargée de projet scientifique/prospective et d’une chargée de communication/webmaster. Le poste de chargé scientifique/stratégique est directement rattaché à la coordinatrice, au sein de de l’équipe de coordination du réseau.
Site web du réseau : www.inra.fr/nacre

Mission

  • Au sein de l’équipe de coordination du réseau NACRe, participer à la réalisation des actions prévues dans le cadre du projet pluriannuel du réseau NACRe 2020-2021, prévues dans le cadre des conventions avec l’INCa et la Fondation ARC :
  • Appuyer la coordination du réseau
  • Contribuer aux échanges scientifiques et stratégiques
  • Contribuer aux actions de formation à destination des professionnels de santé
  • Contribuer à l’information et la communication sur la thématique nutrition et cancer

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Contact

Dr Paule Latino-Martel
Coordinatrice du réseau NACRe
nacre@inrae.fr

Modalités de candidature

Envoyer CV et lettre de motivation, et publications scientifiques le cas échéant, par mail à : nacre@inrae.fr

Les enjeux de l’observance au fil du temps : quelles recherches SHS en oncologie ?

Le groupe de travail Sciences Humaines et Sociales a organisé, en partenariat avec la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, un séminaire portant sur les enjeux de l’observance le 21 septembre 2018.

La journée a été l’occasion pour des chercheurs de présenter leurs travaux et de confronter leurs résultats au regard des experts invités et à celui de leurs collègues des autres disciplines des SHS.
Dans une démarche de recherche translationnelle en sciences humaines et sociales, cette journée a également pour objectif de transmettre les enseignements de la recherche à la clinique par la présentation de recherches à un public de cliniciens. Enfin, une large place sera laissée aux échanges entre les participants dans le but de faire émerger auprès du public de chercheurs de nouvelles pistes de recherche interdisciplinaires grâce aux échanges entre les participants chercheurs, cliniciens et représentants des patients.

Le groupe de travail Sciences Humaines et Sociales, pluri-institutionnel et pluridisciplinaire, intervient notamment lors de l’évaluation des projets de recherche soumis au Cancéropôle IDF et organise des journées sur des problématiques spécifiques des cancers pour faire émerger des idées et questions scientifiques à l’interface entre les disciplines.

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Coordination scientifique

Groupe de travail « Sciences Humaines et Sociales » du Cancéropôle IDF, piloté par Sylvie Dolbeault, Institut Curie et Edwige Rude-Antoine, CNRS, CENJ Institut Marcel Mauss.
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Compte-rendu de la journée

Introduction

Sylvie Dolbeault et Edwige Rude-Antoine présentent la thématique de la journée et expliquent la réflexion qui a été menée par le groupe de travail SHS autour de celle-ci. L’observance est un sujet vaste et cette journée de séminaire permettra d’aborder les questions de sa définition, de la relation médecin-patient, du rôle du milieu hospitalier…

Des patients interviendront également au cours de la journée afin de développer leurs points de vue et leurs ressentis sur cette problématique.

Sylvie DOLBEAULT, Institut Curie
Edwige Rude-Antoine, Institut Marcel Mauss

Etat des lieux des difficultés d’observance aux différents types de traitement tout au long du parcours de soin et difficulté des équipes médicales face à ces problèmes

Pourquoi étudier l’adhérence à l’hormonothérapie ? Quelles sont les limites pour développer des programmes de recherche sur l’adhérence ? Barbara Pistilli développe le sujet de l’observance autour de la thématique du cancer du sein, et détaille son programme de recherche qui vise à comprendre la problématique de l’adhérence pour l’hormonothérapie chez les jeunes femmes.

Barbara PISTILLI, Gustave Roussy – diaporama

Point de vue des patients sur l’observance : quel rôle des patients experts ?

Les patients experts et représentants de patients ont des rôles cruciaux dans l’accompagnement des patients. Deux patientes reviennent sur leurs points de vue concernant l’observance. Elles reviennent sur les difficultés rencontrées, les effets secondaires difficiles à supporter, le choix d’arrêter le traitement, les problèmes d’accompagnement au quotidien, ou encore la solitude ressentie. Des réseaux existent heureusement aujourd’hui pour aider les patients atteints d’un cancer du sein et d’un cancer du poumon.

Laure DE VILLEPIN, Université des Patients, Sorbonne Université

Laure GUEROULT-ACCOLAS, Mon Réseau Cancer du Sein, Mon Réseau Cancer du Poumon – diaporama

Les prédicteurs psycho-sociaux de l’observance à l’hormonothérapie chez les femmes atteintes d’un cancer du sein (cohorte CANTO)

Psychologues, Diane Boinon et Léonor Fasse, reviennent sur l’étude de l’observance dans le cas de l’hormonothérapie chez les femmes jeunes atteintes du cancer du sein. Cette population est plus vulnérable et il est important de comprendre les déterminants de l’observance d’une façon multimodale. Leur projet permettra de mieux comprendre et identifier les déterminants psychologiques et sociaux vis à vis de l’adhésion au traitement. La définition de l’observance est également abordée ici.

Diane BOINON et Léonor FASSE, Gustave Roussy – diaporama

Education thérapeutique et traitements oraux : mieux comprendre pour mieux agir

Cette présentation évoque les aides menées au quotidien pour l’observance. Claire Llambrich-Molines a participé à la mise en place de consultations par les infirmières pour aider les patients qui prennent des thérapies orales. Le programme d’éducation thérapeutique permet également au malade d’acquérir des compétences et des connaissances, et de donner du sens aux soins reçus.

Claire LLAMBRICH-MOLINES, Institut Curie – diaporama

Développement et évaluation d’une intervention d’éducation thérapeutique portée sur l’adhésion de patientes traitées par hormonothérapies dans la prise en charge du cancer du sein

Aurélie Bourmaud travaille sur la prévention et mène des recherches sur l’éducation thérapeutique. Elle soulève des questions sur les critères à utiliser pour démontrer l’efficacité d’un programme. De nombreux facteurs doivent être pris en compte tels que la définition d’un programme de qualité, la méthodologie utilisée etc. Ses études montrent que l’éducation thérapeutique a des effets bénéfiques, par exemple sur la réduction de la fatigue liée à la maladie.

Aurélie BOURMAUD, Centre Hygée, Université Paris Diderot – diaporama

La place des nouvelles technologies pour l’observance

Quelles nouvelles technologies existent ? Quelles sont les nouvelles possibilités ? Comment favoriser l’observance ? Sandra Malak travaille sur la qualité de vie, l’e-santé et sur des projets informatiques. Elle présente ici les différentes alternatives technologiques qui existent dans le cadre de l’observance.

Sandra MALAK, Institut Curie – diaporama

Évaluation des nouvelles technologies pour favoriser l’observance

De plus en plus d’objets connectés ou d’applications santé sont disponibles pour accompagner le patient dans la prise médicamenteuse. La e-santé est attendue par les patients, tant elle est synonyme d’efficacité et de praticité. Mais dans les faits, elle est très complexe. Quelles sont les méthodologies employées qui permettent à ces nouvelles voies d’accompagner la prévention ou l’observance ?

Linda CAMBON, Chaire Prévention ISPED – SPF, ISPED, Université de Bordeaux – diaporama

Rôle des proches aidants : quelles recherches SHS en oncologie ?

Le groupe de travail “Sciences humaines et sociales” du Cancéropôle Île-de-France a organisé avec le soutien de la Fondation ARC une journée de séminaire sur le rôle des proches aidants le 11 octobre 2019.

Les journées thématiques SHS du Cancéropôles IDF sont organisées depuis 2015 et ont pour objectif d’échanger autour d’une thématique en sciences humaines et sociales dans le domaine du cancer, pour faire émerger auprès du public de chercheurs de nouvelles pistes de recherche interdisciplinaires. Une grande place est donc laissée aux discussions entre les participants chercheurs, cliniciens et représentants des patients. Dans une démarche de recherche translationnelle en sciences humaines et sociales, ces journées ont également pour objectif de transmettre les enseignements de la recherche à la clinique par la présentation de recherches à un public de cliniciens.

Cette journée a réuni chercheurs, cliniciens et représentants de patients autour de la thématique des proches aidants. Dans un premier temps, les intervenants issus de différentes disciplines des SHS (droit, sociologie, psycho-oncologie) sont revenus, au côté de représentants de patients et de proches, sur la définition du proche aidant au travers du prisme de leur discipline. Des chercheurs ont également été invités à présenter leurs travaux de recherche sur le sujet. Le rôle du conjoint aidant et celui des jeunes aidant a également été abordé de manière plus approfondie.

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Coordination de la journée

Groupe de travail Sciences humaines et sociales, et notamment Sylvie Dolbeault (Institut Curie), Edwige Rude-Antoine (CNRS), Diane Boinon (Gustave Roussy), Léonor Fasse (Gustave Roussy).
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Edwige Rude-Antoine et Diane Boinon introduisent la thématique de la journée en reprécisant le contexte dans lequel s’inscrivent les journées thématiques organisées par le groupe de travail. La question des proches aidants est devenue une question sociétale. Les proches sont de plus en plus des acteurs et des partenaires dans la prise en charge du malade atteint d’un cancer. Les politiques de santé ont reconnu leur rôle, mais la notion de proche aidant n’est pas facile à cerner. La journée a permis d’en discuter de manière inter-disciplinaire, et avec des témoignages de proches eux-mêmes.

Edwige RUDE-ANTOINE, CNRS
Diane BOINON, Gustave Roussy

QU’EST-CE QU’UN PROCHE AIDANT ? REGARDS PLURIDISCIPLINAIRES

QUEL STATUT JURIDIQUE POUR LE PROCHE-AIDANT ?

Denis Berthiau est juriste, travaille au Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, et participe depuis plus de 20 ans à des consultations d’éthique. La notion d’aidant est associée à des obligations juridiques présentes depuis longtemps dans le code civil : les obligations alimentaires, et les devoirs de secours et d’assistance. La question nouvellement dans le cadre de l’accompagnement de la maladie est celle de la création d’un statut juridique de l’aidant. Ce statut existe-t-il déjà, doit-il être créé ? Quelle est la place de l’aidant dans la décision médicale ?

Denis BERTHIAU, Université Paris Descartes, CNSPFV

ACCOMPAGNEMENT DES PERSONNES ATTEINTES DE CANCER DANS LES CINQ PREMIÈRES ANNÉES SUIVANT LE DIAGNOSTIC : LES DONNÉES DU DISPOSITIF VICAN

Marc-Karim Bendiane est sociologue et docteur en santé publique et recherche clinique, et parle des aidants par le prisme de la vie des patients. L’enquête VICAN a en effet permis d’étudier l’isolement des patients grâce à 3 indicateurs : le contact avec les associations de malades, la participation à des activités de groupes et les contacts sociaux (famille amis).

Marc-Karim BENDIANE, Université d’Aix-Marseille, InsermDiaporama

RÔLE ET BESOINS DES PROCHES : PREMIERS RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE PATIENTS EN RÉSEAU

Leslie Jibaoui-Manot, patiente experte dans l’association Mon Réseau Cancer du poumon, présente l’association Patients en Réseau et les résultats de l’enquête “Donnons la parole aux proches”. Cette enquête a été menée en 2019 auprès des proches de patients, au travers des différents réseaux en ligne de l’association. Les proches partagent les difficultés rencontrées, les rôles joués aux différents moments de la maladie, et leurs besoins. Charlotte Rey et Olivier Rey interviennent à ses côtés et témoignent de leur vécu de proches auprès de Pascaline.

Leslie JIBAOUI-MANOT, Charlotte REY, Olivier REY, Association Mon réseau cancer du poumon – Diaporama

LE RÔLE DU CONJOINT AIDANT

RÔLE DU CONJOINT DANS LA PRISE DE DÉCISION D’UNE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

Le travail présenté par Kristopher Lamore vise à étudier le rôle du conjoint dans la prise de décision d’une reconstruction mammaire. Il comporte 2 volets : lors d’une étude rétrospective, il a interrogé des couples 18 mois après une mastectomie avec ou sans reconstruction mammaire ; dans une étude prospective, des entretiens ont été réalisés à différents temps du parcours de soin auprès des patientes et de leur partenaire, le mois suivant la mastectomie et un an après. Ce travail montre différents rôles pour le partenaire, qui influence le choix de la femme sur son traitement, et Kristopher Lamore vient questionner le modèle de prise de décision triadique patient / médecin / proche.

Kristopher LAMORE, Université Paris Descartes Diaporama

PROCHES ET RECHERCHE EN ONCOLOGIE : UN DÉFI

Alexandra Stulz présente, au travers de l’exemple de son travail de thèse, le défi du recrutement de couples et plus particulièrement des proches de patients pour des recherches en oncologie, des difficultés de mise en place de ces recherches, ainsi que les premiers résultats de son enquête.

Alexandra STULZ, Université Paris DescartesDiaporama

VÉCU DES CONJOINTS DE PATIENTS ATTEINTS DE CANCER EN FIN DE VIE

Léonor Fasse est psycho-oncologue, et présente des données issues de la littérature sur l’expérience de conjoints de patients en fin de vie, ainsi que le travail qu’elle a effectué sur l’ajustement psychologique de conjoints de personnes en soins palliatifs. Elle a mis en évidence des indices de vulnérabilité pour les conjoints qui peuvent permettre d’identifier plus facilement ces conjoints vulnérables pour proposer une prise en charge adaptée.

Léonor FASSE, Gustave Roussy Diaporama

LES JEUNES AIDANTS

L’ASSOCIATION NATIONALE JADE : LE DISPOSITIF “ATELIER CINÉMA-RÉPIT”

Amarantha Bourgeois est directrice de l’association nationale JADE Jeunes AiDants Ensemble, qui accompagne des jeunes aidants, enfants ou adolescents de 18 ans ou moins, qui apportent une aide significative régulière à un membre de leur famille ou de leur foyer. Elle présente notamment l’action “Ateliers Cinéma Répit” mise en place par Françoise Ellien et Isabelle Brocard au sein de l’association qui permet à ces jeunes aidants de se raconter au travers de la réalisation d’un film, de se rencontrer et de bénéficier d’un temps de répit.

Amarantha BOURGEOIS, Association Nationale JADE Diaporama
Françoise ELLIEN, Réseau de santé SPES

LES JEUNES AIDANTS : ÉTAT DE LA RECHERCHE EN FRANCE

Le projet JAID, piloté par Aurélie Untas, a pour objectif de développer la recherche française sur les jeunes aidants afin de mieux les accompagner. Il se décline en plusieurs volets : identifier les jeunes aidants en France, étudier les facteur protecteurs et de vulnérabilité, caractériser leurs difficultés, et développer et évaluer les interventions. Une des interventions évaluée est l’atelier Cinéma Répit de l’association JADE.

Aurélie UNTAS, Géraldine DORARD, Université Paris Descartes – Diaporama

Formation analyses statistiques appliquées à la protéomique

Dans le cadre de sa mission d’accompagnement des chercheurs et professionnels de la recherche sur le cancer, le Cancéropôle Île-de-France propose une formation en statistique dédiée aux analyses bio-statistiques adaptées à la gestion et l’interprétation des données issues d’analyses protéomiques d’échantillons complexes. 

Objectifs : traiter de façon optimale l’aspect bio-statistique des analyses protéomiques en se focalisant sur l’analyse des analyses sans marquage (« label-free ») qui sont maintenant les plus utilisées.

Public concerné :

  • ingénieurs, techniciens, chercheurs travaillant sur une plateforme de protéomique francilienne dans le domaine du cancer
  • chercheurs travaillant sur des projets de recherche de protéomique dans le domaine du cancer

Prérequis : les personnes s’inscrivant à la formation devront posséder des bases solides en statistiques, aucune remise à niveau ne sera effectuée avant la formation.

 

Prochaine session : LUNDI 3 AU MERCREDI 5 FÉVRIER 2020

La participation à la formation complète (3 jours) est obligatoire. Une convention de formation devra être signée par votre organisme d’appartenance avant votre participation à la formation. 

Les frais de formation sont pris en charge par le Cancéropôle IDF.

M’INSCRIRE

La formation

La formation permettra de répondre aux questions suivantes :

Les projets traités dans une plateforme protéomique impliquent souvent un nombre de réplicats limité (fréquemment pas plus de 3 ou 4 échantillons par groupe expérimental). Comment intégrer ce critère dans les calculs bio-statistiques ?

Le nombre de conditions traitées varie en fonction des projets et peut aller de 2 conditions (traité/contrôle) à plusieurs dizaines. Comment gérer les protocoles expérimentaux complexes avec de nombreuses  variables expérimentales?

Suivant les études menées, une plateforme protéomique est confrontée à l’analyse d’échantillons très diversifiés [cellules, organes (type foie …), fluides biologiques (type liquide synovial, plasma…) etc]. Quels sont les critères liés aux types d’échantillons analysés pour choisir le type d’analyse statistique ? Comment peut-on comparer les données issues de  matériel différent?

Le traitement des données (issues de Maxquant) se fait à l’aide de logiciels dédiés, comme par exemple PERSEUS , et tout au long du processus d’analyse, des questions d’ordre statistique se posent. La formations permettra également d’aborder les points suivants :

  • Comment gérer les valeurs manquantes ?
  • Quels tests doivent être réalisés sur des valeurs logarithmisées et quels tests ne doivent pas l’être ?
  • Dans quel cas peut-on considérer qu’une analyse est appariée ou non ?
  • Comment bien utiliser les analyses ANOVA (« one-way anova », « two-way anova », « three-way annova »)? Tests Mann-whitney et Wilcoxon?
  • Qu’est-ce qu’un test post-hoc et lequel choisir ?
  • Comment calculer la significativité d’une corrélation?
  • Quand doit-on effectuer une correction FDR et laquelle choisir (Bonferroni ou permutation ou Benjamini Hochberg) ?
  • Approfondir le principe et l’exploitation des analyses multivariées de type clustering hiérarchique, analyse en composantes principales et Volcano plot.
  • Quels sont les graphiques les plus parlants pour les analyses omiques ?
  • Comment prévoir le nombre d’échantillons à analyser en fonction de la variabilité biologique et du niveau de différence souhaité entre les conditions testées.
  • Sans entrer dans les détails, expliquer l’intérêt d’une régression PLS, d’un positionnement multidimensionnel et d’une analyse en composantes indépendantes.

Les plateformes : actrices de la recherche sur le cancer

Le groupe de travail “Plateformes technologiques” du Cancéropôle Île-de-France a organisé le 15 mars 2019 un symposium visant à coordonner le développement technologique des plateformes franciliennes à l’horizon 2030.

Les réflexions menées pendant la journée ont porté sur les futures technologies (quelles technologies émergeront et amélioreront la recherche), les limites actuelles (financement, partenariats complexes, techniques…) et sur l’organisation des plateformes. Des experts internationaux invités pour cette journée ont partagé leur expérience dans des domaines allant de la bio-informatique à la thérapie, en passant par l’imagerie et l’immunologie. Les plateformes franciliennes, quant à elles, ont présenté leur activité lors de sessions posters. Cette journée était soutenue par les sociétés Bruker et Fluidigm.

L’objectif de la journée : alimenter les réflexions et faire émerger de manière concertée des orientations futures pour les plateformes franciliennes.

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Coordination de la journée

Groupe de travail Plateformes technologiques, coordonné par Sergio Roman-Roman et Jessica Zucman Rossi.
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Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Le Président du Cancéropôle IDF, Président du Cancéropôle Île-de-France, ouvre cette journée dédiée aux technologies de pointe pour la recherche sur le cancer, et souhaite à tous les participants de repartir avec de nouvelles idées et approches sur la question.

Hervé FRIDMAN, Cancéropôle IDF

BIOINFORMATIQUE & DATA SCIENCE

LES PLATEFORMES DE BIOINFORMATIQUE DANS LA TEMPÊTE DE LA GÉNOMIQUE

Les progrès rapides des technologies de la génomique et la diversité des environnements dans lesquels la génomique est un élément clé, des instituts de recherche aux hôpitaux, posent un défi considérable à l’organisation des installations de recherche en général et de la bioinformatique en particulier. À l’avenir, ces demandes ne feront qu’augmenter à mesure que le besoin de considérer d’autres sources, y compris les images, les appareils à distance et les sources textuelles (DSE ou publications), augmentera. Pour Alfonso VALENCIA, la communauté a la responsabilité de développer des solutions évolutives s’appuyant sur les infrastructures publiques (matériel, bases de données et logiciels) et en liaison avec l’expertise scientifique locale. Ces projets de collaboration devraient être accessibles aux bioinformaticiens, aux biologistes et aux cliniciens, et intégrer le besoin évident de formation interdisciplinaire. Il a abordé ces sujets à la lumière de son expérience dans les domaines de la science, des plateformes de service, des infrastructures de soutien et des organisations professionnelles.

ALFONSO VALENCIA – Barcelona Supercomputing CenterDiaporama

PLATEFORMES DE SERVICES ET FAIR DATA POUR LA RECHERCHE SUR LE CANCER

Les plateformes sont essentielles à la production structurée d’ensembles de données à grande échelle allant de la génomique et de la transcriptomique à la protéomique et à la métabolomique. Sven NAHNSEN a parlé du besoin des plateformes pour permettre des soins personnalisés et axés sur les données ainsi que des recherches de pointe sur le cancer. Il a également discuté du rôle des données massives, de l’autonomisation des usagers cliniques et de l’analyse automatisée des données pour l’intégration de données hétérogènes sur le cancer. Comme exemple d’utilisation de la plateforme, il a présenté l’infrastructure de données de QBC appliquée aux études oncologiques ainsi que l’approche de Tübingen pour l’individualisation de la thérapie du cancer par des vaccins à base de peptides.

SVEN NAHNSEN – Quantitative Biology Center, University of TübingenDiaporama

MACHINE LEARNING POUR LA MÉDECINE DE PRÉCISION

La capacité à recueillir des données pour caractériser finement l’état d’un patient, à l’aide par exemple de technologies génomiques et d’imagerie, ouvre la voie à des stratégies thérapeutiques adaptées à chaque patient individuellement. Le machine learning est aujourd’hui la principale technologie utilisée pour optimiser ces stratégies, basée sur l’analyse automatique de grandes quantités de données. Jean-Philippe VERT a parlé de certains progrès récents dans ce domaine, ainsi que des défis qui restent à relever.

JEAN-PHILIPPE VERT – Google Brain, FranceDiaporama

SCREENING & THÉRAPIE

PROFILAGE DE LA RÉPONSE MÉDICAMENTEUSE POUR UN TRAITEMENT PERSONNALISÉ DE LA LEUCÉMIE PÉDIATRIQUE

En dépit d’une grande amélioration de la survie des enfants atteints de leucémie lymphoblastique aiguë, le traitement de la leucémie aiguë récidivante et réfractaire reste difficile. L’équipe de Jean-Pierre BOURQUIN et Beat BORNHAUSER a établi une approche de médecine de précision fonctionnelle pour identifier les vulnérabilités spécifiques de la maladie résistante. L’idée est d’orienter les décisions de traitement à l’aide de tests de médicaments en temps réel sur des échantillons prélevés chez les patients. Leur approche de dépistage fonctionnel est basée sur une puissante plateforme d’analyse automatisée basée sur l’imagerie qui génère des profils de réponse des cellules leucémiques dérivées des patients aux
agents chimiothérapeutiques actuels et nouveaux. Ceci permet de détecter une forte activité anti-leucémique des agents thérapeutiques disponibles ou nouveaux et des médicaments auxquels une leucémie donnée est résistante. Grâce à leur approche fonctionnelle, ils ont pu détecter une activité inattendue et très pertinente d’agents thérapeutiques chez des patients atteints d’une maladie réfractaire, ce qui a permis d’obtenir des réponses thérapeutiques en clinique.

BEAT BORNHAUSER – Children’s Hospital, University of ZurichDiaporama

LES ORGANOÏDES DE TUMEUR DE LA TÊTE ET DU COU COMME PLATEFORMES POUR LA MÉDECINE PERSONNALISÉE

Des études antérieures ont décrit les organoïdes tumoraux comme pouvant modéliser la diversité des types de carcinomes humains existants. Else DRIEHUIS présente ici les conditions d’une culture à long terme d’organoïdes muqueux humains. À l’aide de ce protocole, un panel de lignées organoïdes dérivées du carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC) a été établi. Ce panel récapitule les caractéristiques génétiques et moléculaires précédemment décrites pour le HNSCC. Les organoïdes conservent leur potentiel tumorigène lors de la xénotransplantation. Elle observe par ailleurs des réponses différentielles à un panel de médicaments incluant le cisplatine, le carboplatine, le cetuximab et la radiothérapie in vitro. Le dépistage de médicaments révèle une sensibilité sélective à des drogues ciblées qui ne sont normalement pas utilisées dans le traitement des patients atteints du cancer du sein avec HNSCC. Ces observations peuvent inspirer une approche personnalisée de la prise en charge du HNSCC et élargir le répertoire des médicaments du HNSCC.

ELSE DRIEHUIS – Hubrecht InstituteDiaporama

PHÉNOTYPAGE MULTIPARAMÉTRIQUE : IMAGERIE & IMMUNOLOGIE

CARTOGRAPHIE MOLÉCULAIRE ET CELLULAIRE HAUTEMENT MULTIPLEXÉE DES TISSUS DES CANCERS DU POUMON ET DU SEIN EN 2 ET 3 DIMENSIONS À L’AIDE DE LA CYTOMÉTRIE DE PASSE PAR IMAGERIE

Une compréhension holistique des structures des tissus et des organes exige que les constituants moléculaires puissent être détectés dans leur contexte original. La cytométrie de masse par imagerie (IMC) permet de détecter jusqu’à 50 antigènes et acides nucléiques spécifiques simultanément à l’aide d’anticorps à marqueurs métalliques ou de sondes d’acides nucléiques, respectivement. Raul CATENA et son équipe utilisent l’IMC et une nouvelle variante en 3D, la tomographie de masse, pour effectuer une analyse phénotypique approfondie de centaines de tumeurs afin de déchiffrer et de mieux comprendre la composition du microenvironnement tumoral. Leurs données, après une analyse approfondie à l’aide d’outils informatiques avancés, révèlent une hétérogénéité spatiale et cellulaire, des interactions préférentielles de cellule à cellule, des motifs détaillés d’architecture tissulaire et des micro-environnements uniques. L’IMC et la tomographie de masse fournissent des informations précieuses sur le microenvironnement tissulaire, la compréhension de son environnement cellulaire, l’organisation des tissus, les interactions moléculaires entre ses composants et donc les bases fondamentales de la malignité des cancers.

RAUL CATENA – Institute for Molecular Life Science, University of ZurichDiaporama

BIOIMAGING AUSTRIA-CMI : IMAGERIE MULTIMODALE CORRÉLÉE À DIFFÉRENTES ÉCHELLES

Le Correlated Multimodal Imaging Node Austria (CMI) est l’initiative officielle autrichienne de bio-imagerie en Europe des plus grands experts en imagerie en Autriche. Il a été créé sous la forme d’un consortium de huit universités et instituts de recherche de Vienne et de ses environs (www.bioimaging-austria.at) afin d’être pionniers en imagerie multimodale corrélée à différentes échelles dans les sciences du vivant. L’imagerie corrélée recueille des informations holistiques sur l’échantillon selon deux modalités complémentaires ou plus qui – combinées séquentiellement – créent une vue composite très informative de l’échantillon. Le CMI offre une multitude de technologies d’imagerie de base et de pointe, de l’IRM à la microscopie à super-résolution, de nombreux pipelines d’imagerie multimodale corrélée et divers services de soutien, comme l’analyse des données et des images, aux chercheurs et aux scientifiques à l’échelle nationale et internationale. Les techniques d’imagerie du CMI couvrent toute la gamme de résolution des études précliniques et biologiques et fournissent des informations complémentaires sur la structure, la fonction et la composition moléculaire des échantillons. Plus de 30 techniques d’imagerie permettent à la fois l’imagerie in vivo et ex vivo et l’analyse moléculaire. En particulier, le CMI développe et met en place des flux de travail multimodaux entièrement nouveaux à la pointe de l’imagerie corrélée, qui peuvent impliquer plus de deux modalités d’imagerie. Le CMI va explicitement au-delà de la CLEM (microscopie électronique et de la lumière corrélative) et de l’imagerie hybride, et fait ainsi progresser considérablement le domaine de l’imagerie corrélée. Au cours des dernières années, l’imagerie et les plates-formes d’imagerie ont évolué rapidement et imposent des exigences élevées en matière de technologie, d’innovation et de gestion. Avec la création du CMI, l’Autriche répond au besoin naissant dans la recherche internationale de plates-formes centralisées avec des approches d’imagerie à la fois hautement spécialisées et holistiques.

ANDREAS WALTER – BioImaging Austria CMI

PLASTICITÉ, ENGORGEMENT ET REMODELAGE TISSULAIRE PENDANT L’INVASION ET LES MÉTASTASES

L’invasion unicellulaire ou collective résulte de la coordination de l’adhésion cellulaire, de la déformabilité et de la dynamique de l’actine par rapport à l’environnement tissulaire. Lorsqu’elles sont surveillées in vivo, à l’aide d’une deuxième et d’une troisième génération de multiphotons intravitaux harmoniques et d’une microscopie à fluorescence, les microniches tissulaires fournissent des pistes favorisant l’invasion qui permettent une migration collective le long des pistes les plus résistantes. En tant que voies principales, le guidage par contact non destructif est assuré par des pistes périmusculaires, vasculaires et neurologiques multi-interfaces préformées de topographie 1D, 2D et 3D, fournissant un substrat pour les invasions dépendantes ou non de l’intégrine. L’analyse ultrastructurale 3D révèle qu’un espace confiné de moindre résistance est fourni par des conduits tissulaires constitutifs (« autoroutes «) dont la géométrie, la nanotropographie et la composition moléculaire sont les principales voies d’invasion par guidage par contact combiné à un mécanisme de « blocage « cellulaire. De façon constante, des sphéroïdes de mélanomes mésenchymateux ou de cellules tumorales épithéliales sont passés d’une dissémination collective à une dissémination unicellulaire face à des tissus 3D de faible confinement, en fermant les voies intégrine et cadhérine, alors que l’acquisition de la densité tissulaire des jonctions cellule-cellule et la polarisation et migration supracellulaire se faisaient plus fréquentes. En conclusion, l’invasion du cancer est maintenue par des programmes physico-chimiques qui équilibrent l’adhésion intrinsèque des cellules et le couplage mécanique avec l’espace physique et les repères moléculaires rencontrés.

PETER FRIEDL – Radboud University

CONCLUSION

Philippe HUPE

PHILIPPE HUPE – Institut Curie

14e Colloque annuel : Résistances Thérapeutiques

Le 18 janvier 2019, le Cancéropôle Île-de-France a organisé son colloque annuel sur le thème des résistances thérapeutiques. Cette journée, soutenue par la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, a été coordonnée par Sergio Roman-Roman (Institut Curie) et Eric Deutsch (Gustave Roussy).

La résistance aux thérapies anticancéreuses, qu’elle soit primaire ou secondaire, a de lourdes conséquences en terme d’efficacité de traitement. C’est pourquoi des travaux de recherches sont menés, notamment sur l’hétérogénéité de la tumeur, dans le but de contrer les résistances et trouver des stratégies thérapeutiques adaptées.

Lors de ce Colloque, le sujet de la résistance thérapeutique a été discuté à travers différentes thématiques :

  • Immunothérapie
  • Radiothérapie
  • Marqueurs circulants
  • Thérapie ciblée

Les jeunes chercheurs lauréats du prix 2019 du Cancéropôle Île-de-France ont également présenté leurs travaux.

Retrouvez ici le compte-rendu multimédia de la journée.
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Coordination de la journée

Sergio ROMAN-ROMAN (Institut Curie), Eric DEUTSCH (Gustave Roussy)

Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Hervé FRIDMAN, Président du Cancéropôle Île-de-France, ouvre la journée en présentant le Cancéropôle Île-de-France et en insistant sur l’importance des travaux menés pour mieux comprendre les résistances aux traitements. En effet, on rencontre plus d’échecs lors d’essais thérapeutiques en oncologie que dans des essais concernant d’autres pathologies. Le cancer est une maladie complexe, pour laquelle de multiples mécanismes de résistance aux thérapies se mettent en oeuvre. Mieux comprendre la façon dont ces résistances se mettent en place est donc indispensable pour rendre les traitements plus efficients.

Hervé FRIDMAN, Cancéropôle IDF

 

LEUCÉMIES LYMPHOÏDES CHRONIQUES (LLC) AGRESSIVES ET RÉSISTANCES AUX DROGUES

Florence NGUYEN KHAC présente quelques études sur les leucémies lymphoïdes chroniques (LLC), leucémie la plus fréquente de l’adulte âgé caucasien, en se focalisant sur les cas de LLC qui résistent aux traitements.

Florence NGUYEN KHAC, Sorbonne Université, AP-HP Hôpital de la Pitié SalpêtrièreDiaporama

 

CANCERS VIRO-INDUITS ET RÉSISTANCE : EXEMPLES DE CANCERS DES VOIES AÉRODIGESTIVES SUPÉRIEURES

Cécile BADOUAL est anatomopathologiste à l’AP-HP HEGP et travaille dans une équipe de recherche au PARCC. Les cancers des voies aérodigestives supérieures, le plus souvent des carcinomes épidermoïdes, concernent essentiellement deux types de populations : une associé à des comportements alcolo-tabagiques, et une seconde présentant des cancers viro-induits (papillomavirus), qui vont mieux répondre aux thérapies et avoir un meilleur taux de survie. Le micro-environnement des cellules tumorales semble jouer un rôle fondamental dans ces différences de réponses.

Cécile BADOUAL, AP-HP HEGPDiaporama

 

HYPERPROGRESSION SOUS IMMUNOTHÉRAPIE ANTI-PD1/PD-L1

Stéphane CHAMPIAT, oncologue médicale à Gustave Roussy dans le département des phases I, parle de l’hyper-progression tumorale, phénomène qui arrive sous immunothérapie. On observe en effet chez les patients sous immunothérapie deux types de réponse : une amélioration de l’état du patient, ou une aggravation très rapide. La question posée est de mieux caractériser ce phénomène, d’évaluer la proportion de personnes susceptibles de présenter une hyper-progression tumorale, et enfin de savoir quels sont les facteurs qui augmente le risque.

Stéphane CHAMPIAT, Gustave RoussyDiaporama

 

IMPORTANCE DES MÉCANISMES NON GÉNÉTIQUES DANS L’ÉVOLUTION TUMORALE ET LA RÉSISTANCE THÉRAPEUTIQUE

Le modèle utilisé par l’équipe de Jean-Christophe MARINE est le mélanome cutané, maladie à haute potentialité métastatique et présentant de grandes résistances à la plupart des agents chimiothérapeutiques. Son équipe étudie les problèmes survenant lors de thérapies ciblées et lors d’immunothérapie, et Chris Marine se focalise dans cette présentation sur les mécanismes intervenant dans des cas de résistances à des thérapies ciblées.

Christophe MARINE, VIBDiaporama

 

LIBÉRER TOUT LE POTENTIEL DE MÉDECINE DE PRÉCISION AVEC INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Nikos PARAGIOS est professeur de mathématiques à l’Ecole Centrale Supelec, et il présente l’évolution de l’intelligence artificielle ces dernières années et quelques applications possibles en cancérologie : contourage automatique en radiothérapie, optimisation du plan de traitement en radiothérapie.

Nikos PARAGIOS, Ecole centraleDiaporama

 

ETUDE DES MÉCANISMES DE LA RÉPONSE TUMORALE À LA RADIOTHÉRAPIE ET DE L’HÉTÉROGÉNÉITÉ TUMORALE DANS LE GLIOBLASTOME

Elisabeth MOYAL travaille sur le glioblastome, qui reste incurable malgré les nouvelles techniques en radiothérapie. Son travail consiste à étudier les mécanismes biologiques de résistance à la radiothérapie (plasticité radio-induite, hétérogénéité tumorale, …) et à une optimiser la définition de la cible en radiothérapie, tout en préservant les organes à risque.

Elisabeth MOYAL, IUCT OncopoleDiaporama

 

TRADUCTION DES ARNm ET RÉSISTANCE AUX THÉRAPIES CIBLÉES ET AU NOUVELLES IMMUNOTHÉRAPIES DANS LE MÉLANOME

Caroline ROBERT fait un état des lieux clinique du traitement du mélanome, où tout avance très vite depuis quelques années grâce aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie. Il reste malgré tout des résistances à ces thérapies, et elle s’est associée à Stéphane VAGNER pour trouver d’autres moyens de lutter contre ces résistances. Ce dernier travaille en biologie moléculaire et s’intéresse au complexe eIF4F impliqué dans la traduction d’ARN messagers et point de convergence de nombreux mécanismes de résistances associées à des mutations.

Caroline ROBERT, Gustave Roussy, Université Paris Saclay
Stephan VAGNER, Institut Curie, CNRSDiaporama

 

Jeunes talents et prix du Cancéropôle Île-de-France

A mi-journée, les trois lauréats du Prix 2019 du Cancéropôle IDF ont été invités à présenter leurs travaux et se sont vus remettre leurs prix :

  • Stéphanie GACHET, Institut de Recherche Saint Louis,
    La délétion 6q accélère la progression tumorale des leucémies T en modulant les fonctions ribosomales et mitochondriales
  • Roman CHABANON, Gustave Roussy,
    Exploiter les défauts de réparation de l’ADN pour moduler l’immunité anti-cancéreuse : une étude du potentiel immunologique des inhibiteurs de PARP
  • Luis J CASTRO-VEGA, PARCC, U970
    Génétique et génomique intégrée des phéochromocytomes et paragangliomes

1er séminaire Oncologie et Radiothérapie

Le 30 novembre 2018 s’est tenu le premier séminaire “Oncologie et radiothérapie” organisé par le groupe de travail Radiothérapie du Cancéropôle IDF : l’objectif de la journée était pour les acteurs franciliens dans le domaine de se rencontrer pour permettre au groupe de travail de construire de manière optimale un projet de recherche structurant répondant aux enjeux actuels de la radiothérapie.

Outre la dose liée au(x) scanner(s) de simulation, les patients reçoivent une certaine dose d’irradiation liée à l’imagerie. Cette dernière est liée au type et au nombre d’images réalisées pendant leur traitement pour optimiser le positionnement des patients indispensable pour bien irradier les volumes cibles et protéger les organes à risque du voisinage. Ainsi, de façon spécifique, il est important d’évaluer/modéliser les doses d’irradiations supplémentaires liées à ces expositions voir les déduire de la dose totale prescrite.

Cette journée a eu pour objectif de réunir et présenter les différentes plateformes d’Île-de-France, ainsi que les chercheurs et médecins qui y sont rattachés:

  • Plateforme d’Irradiation, Institut de Radiobiologie Cellulaire et Moléculaire (IRCM)
  • Plateforme RadeXp, Institut Curie
  • Plateforme DOSEO, CEA Paris-Saclay
  • Groupe de recherche clinique des services de radiothérapie de l’AP-HP,
  • Plateforme d’irradiation de l’Unité Radiobiologie de l’IRBA
  • Plateforme pré-clinique, Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

Une large place a été laissée aux échanges entre les participants dans le but de faire émerger de nouvelles pistes de recherche transdisciplinaires à partir des pratiques observées dans l’enquête.

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Coordination scientifique

Groupe de travail « Radiothérapie » du Cancéropôle IDF, piloté par Philippe GIraud, Université Paris Descartes, AP-HP HEGP.
> En savoir plus sur le groupe de travail

Compte-rendu multimédia de la journée

INTRODUCTION

Philippe GIRAUD ouvre la journée en présentant les missions du groupe de travail et les objectifs de la journée qui vise à voir ensemble s’il y a des choses à dégager pour un travail en commun. Le contexte est très favorable à cette structuration et la question des faibles doses en imagerie que le groupe de travail souhaite adresser dans le cadre de la radiothérapie est d’autant plus pertinente que le nouveau président de l’ASN a missionné l’IRSN pour investiguer ce thème. La mise en réseau des acteurs franciliens autour de cette question permettra sans doute d’apporter des éléments importants dans ce cadre, pour in fine permettre d’optimiser les protocoles utilisés en radiothérapie tout en gardant le bénéfice de ces systèmes de contrôle par imagerie.

Philippe GIRAUD, Université Paris Descartes, AP-HP HEGPDiaporama

Le Cancéropôle Île-de-France

Pascale GRAMAIN, responsable administrative du Cancéropôle Île-de-France, présente le Cancéropôle IDF et ses missions. Cette structure fédère les institutions de recherche franciliennes travaillant dans le domaine du cancer et fonctionne grâce à des subventions publiques. Une étude de l’écosystème régional a permis de montrer qu’en radiothérapie, la recherche clinique et la recherche fondamentale ne se font pas au même endroit. Cela met en évidence un besoin de structuration et la création d’un réseau inter-institutionnel et d’un projet structurant en radiothérapie sont particulièrement pertinents.

Pascale GRAMAIN, Cancéropôle IDFDiaporama

PRÉSENTATION DES DIFFÉRENTES PLATEFORMES ET STRUCTURES COMPOSANT LE GROUPE DE TRAVAIL RADIOTHÉRAPIE

Présentation de la Plateforme d’irradiation de l’institut de Radiobiologie Cellulaire et Moléculaire (iRCM) du CEA

Véronique Ménard est la responsable de la plateforme iRCM du CEA, qui est ouverte aux chercheurs du CEA mais également aux chercheurs extérieurs. Elle présente la plateforme, ses missions, ainsi que ses installations sur le site de Fontenay aux Roses ou celui d’Evry. Elle parle également du SARRP,
générateur X, qui est en service depuis février 2018 sur la plateforme et est utilisé pour des études précliniques. Elle conclue sa présentation avec les procédure de qualité et traçabilité associées à la plateforme.

Véronique MENARD, CEA Fontenay-aux-Roses, iRCM – diaporama

Plateforme DOSEO, technologies de la radiothérapie et de l’imagerie

Bénédicte Poumarède présente la plateforme DOSEO, des technologies de l’imagerie et de la radiothérapie qui regroupe la métrologie, la formation initiale et continue, la R&D technologique, et est associé à de nombreux centres cliniques pour que les développements de la plateforme répondent à leur besoin et permettre in fine à une validation en clinique des protocoles développés. Elle présente également quelques projets que la plateforme a accompagné, en utilisant les compétences en
modélisation statistiques, traitement de données, expertise expérimentale et en instrumentation.

Bénédicte POUMARÈDE, CEA Paris Saclay – Diaporama

Plateforme PIV

Bertrand Tavitian représente la plateforme d’imagerie du vivant de l’Université Paris Descartes, qui regroupe des technologies de pointes : traitement d’image, micro PET CT, IRM, micro CT, imagerie clinique IRM fonctionnelle, ultrasons interventionnelle ou quantitative de contraste, imagerie para magnétique de résonance. Elle couvre 9 laboratoires sur 7 sites, chacun étant adossé à des laboratoires de recherche.

Bertrand TAVITIAN, Centre de recherche PARCC

PROJET ELISA

Résultats de l’enquête ELISA

La journée a été l’occasion pour Yazid BELKACEMI de présenter les résultats de l’enquête portée sur l’impact pratique des doses délivrées par l’imagerie utilisée en radiothérapie. L’enquête a été pilotée par le Groupe de Travail Radiothérapie du Cancéropôle IDF par le Pr Yazid Belkacemi et le Pr Philippe Giraud.

Yazid BELKACEMI, AP-HP Hôpital Henri MondorDiaporama

PROJET AID-IGRT : objectifs et présentation

Delphine LAZARO présente les premiers résultats d’un projet de recherche en cours sur la plateforme DOSEO, initié en 2015, qui a pour objectif de fournir une approche intégrée pour évaluer les doses additionnelles délivrées par les systèmes d’imagerie embarquée en IGRT. Les doses délivrées lors d’un examen sont négligeables, mais les doses cumulées peuvent aller de 1 à 2 Gy, ce qui n’est plus négligeable. L’étude a montré que les doses délivrées sont fortement dépendante de la morphologie ce qui rend important l’estimation personnalisée des doses reçues. La plateforme a donc développé un logiciel qui permet d’établir une cartographie des doses délivrées aux patients, qui a été validé dans 4 centres cliniques associés au projet.

Delphine LAZARO, CEA Paris-SaclayDiaporama